Un nouveau président pour l'office de tourisme de Bordeaux Métropole
Fabien Robert, déjà adjoint au maire de Bordeaux et conseiller métropolitain chargé du tourisme, a été élu sans surprise à la présidence de l'office de tourisme et des congrès de Bordeaux Métropole le 4 mai. À 41 ans, cet ancien adjoint à la culture (2014-2020) et membre du conseil d'administration de l'Opéra (2014-2026) endosse une nouvelle responsabilité liée à l'attractivité de la ville. Il dirige désormais une structure de plus de 60 salariés, avec pour mission de « vendre la destination Bordeaux en lui apportant du contenu ».
Un contexte touristique contrasté
Le nouveau président prend ses fonctions alors que le tourisme connaît un léger ralentissement, avec une baisse de moins de 2 % du nombre de nuitées, un phénomène national. À Bordeaux, cette contraction s'explique en partie par l'ouverture de nombreuses chambres d'hôtel ces dernières années, notamment dans les palaces et grands hôtels. Cependant, Fabien Robert se montre confiant : des événements comme les 10 ans de la Cité du vin, la réouverture de la flèche Saint-Michel et du Musée des arts décoratifs, le match France-Angleterre de rugby féminin le 17 mai ou le passage du Tour de France le 10 juillet devraient permettre de remplir ces chambres dès 2025.
2027, une année exceptionnelle
En 2027, Bordeaux accueillera d'autres grands événements rugbystiques, dont des demi-finales du Top 14. Surtout, la Fête du vin sera associée à la Tall Ships Race, avec une quarantaine de grands voiliers restaurés. « Les quais ne suffiront pas, il faudra sans doute, si le port l'accepte, aller jusqu'aux Bassins à flot pour les amarrer, et installer des pontons supplémentaires le long des quais », explique Fabien Robert. Un million de visiteurs, voire plus, sont attendus du 7 au 11 juillet. « La Fête du vin en sera décuplée », promet-il.
Un nouveau souffle pour la Fête du vin
Cette édition 2027 marquera un virage pour la Fête du vin, qui a connu des éditions moins attractives récemment. « Proposer des dégustations sur les quais ne suffit plus », estime Fabien Robert. Il souhaite lui donner un nouveau format et une nouvelle ambition, tout en s'appuyant sur son caractère festif et populaire. Le modèle économique repose sur un tiers de financement public, un tiers privé et un tiers de recettes, pour un budget global de plus de deux millions d'euros.
Retour de la clientèle nord-américaine et inquiétudes
En 2025, un retour de la clientèle nord-américaine a été observé, représentant 15 % de la clientèle, derrière les Espagnols et devant les Britanniques. Ces touristes ont un panier moyen élevé et viennent souvent par croisière. Fabien Robert s'inquiète toutefois des tensions géopolitiques et de la hausse du prix du kérosène, mais rien ne laisse présager un arrêt pour le moment.
Position favorable aux paquebots
Fabien Robert se déclare favorable à l'accueil des paquebots à Bordeaux, malgré un plafond de 49 par an fixé par la précédente majorité, jamais atteint. Il minimise l'impact environnemental : « Les études montrent que la pollution atmosphérique des paquebots est dérisoire par rapport aux voitures sur les quais. » Il ajoute que la pollution de l'eau est également prise en compte et que d'ici 2030, tous les paquebots devront avoir électrifié leur alimentation. Une étude de BVA en cours estime l'impact économique du tourisme maritime et fluvial à plus de 50 millions d'euros, soit 200 euros par jour pour un passager de croisière maritime et 160 euros pour un passager fluvial.
Les atouts de Bordeaux à valoriser
Pour développer l'attractivité, Fabien Robert mise sur le classement Unesco, la desserte par avion et train (notamment la LGV vers l'Espagne), le vin, le fleuve, la forêt, la mer et les contenus culturels. Il souhaite revaloriser le tombeau de Montaigne, situé dans le sous-sol du musée d'Aquitaine, actuellement sous-utilisé. « Montaigne est un Français universel, symbole de modération, de tolérance religieuse et de refus de la violence. C'est une marque sous-estimée », explique-t-il. Il n'exclut pas de proposer l'entrée de Montaigne au Panthéon.



