Un double coup dur pour le palace de Biarritz
L'hôtel du Palais, fleuron du littoral Atlantique situé à Biarritz, fait face à une période de turbulences. Cet établissement prestigieux, unique sur la côte Atlantique à avoir obtenu le label Palace en 2011, est aujourd'hui menacé de perdre cette distinction tant convoitée. Cette mauvaise nouvelle survient au moment même où son directeur, Vincent Poulingue, annonce son départ pour de nouveaux horizons professionnels.
Un déclassement qui ne surprend pas les initiés
La rumeur concernant la perte du label Palace ne s'est pas répandue pendant la campagne électorale, bien que les résultats de la commission d'attribution aient laissé peu de place au doute. Un proche des administrateurs de la Socomix, la société d'économie mixte qui gère l'hôtel biarrot, a confirmé cette information au journal Sud Ouest.
Les raisons de ce probable déclassement sont claires pour ceux qui connaissent bien l'établissement. Le spa, élément essentiel dans ce type d'hôtel de luxe, n'est plus considéré comme étant à la hauteur des standards exigés. Alors que le reste de l'hôtel a bénéficié d'une rénovation massive de 80 millions d'euros entre 2018 et 2021, le spa n'a pas été inclus dans ces travaux.
Autre point faible identifié : 26 chambres de l'aile nord n'ont pas été entièrement rénovées. Les salles de bains de ces chambres ont été jugées vieillissantes et indignes du niveau requis pour un palace. Un regret supplémentaire, bien que moins déterminant pour la labellisation, concerne la non-obtention de l'étoile Michelin tant convoitée par le chef Christophe Scheller qui dirige les cuisines de l'hôtel.
Des réactions contrastées face à cette annonce
La perte potentielle du label Palace est perçue comme « une catastrophe » par Patrick Destizon, administrateur de la Socomix siégeant au titre de l'opposition. Dans le camp de Maider Arosteguy, encore présidente de la Socomix et ancienne maire, on tente de relativiser l'importance de ce déclassement.
L'argument avancé met en avant l'internationalisation croissante de la clientèle : le label « palace » serait une distinction essentiellement franco-française. Les riches clients américains ou asiatiques privilégieraient davantage le classement cinq étoiles. L'espoir est donc que cette perte de label passe inaperçue, du moins auprès de la clientèle étrangère.
Pour atteindre cet objectif, la Socomix compte sur le groupe américain Hyatt, qui exploite l'hôtel pour son compte. Dans un communiqué de presse publié fin février, le mot « palace » est soigneusement évité, au profit d'autres formulations mettant en avant le prestige et le luxe de l'établissement.
Des performances économiques malgré tout solides
Le groupe hôtelier Hyatt insiste sur la satisfaction de sa clientèle : « Des retours clients qui atteignent des niveaux records... Cette satisfaction se traduit par une hausse spectaculaire de la clientèle individuelle (+20,2% de revenus), portée notamment par le retour massif des marchés nord-américain (+40,4%) et européen ».
Ces augmentations se reflètent directement dans le chiffre d'affaires 2025, qui a progressé de 20% pour atteindre 33,5 millions d'euros. « C'est au-delà du business plan et avec une grosse progression », souligne le communiqué. La tendance pour 2026 semble identique, avec « un rayonnement auprès d'une clientèle internationale à fort pouvoir d'achat ».
Une procédure de renouvellement en cours
Atout France, l'organisme chargé de la certification « palace », a bien reçu en 2025 la demande de renouvellement du label pour l'hôtel du Palais. Les membres de la commission ont effectué des visites sur place et auditionné les candidats. La publication officielle de la liste par le ministre du Tourisme se fait cependant attendre.
Un changement de direction imminent
Vincent Poulingue, arrivé à la tête de l'hôtel du Palais en 2023, quittera ses fonctions avant l'été pour prendre la direction d'un palace parisien. Il a annoncé son départ aux salariés de l'établissement ce vendredi 27 mars. Son remplaçant est d'ores et déjà trouvé et le recrutement est en passe d'être officialisé.
Cette période de transition, marquée à la fois par un probable déclassement et un changement de direction, représente un défi majeur pour l'établissement biarrot. L'hôtel du Palais devra démontrer sa capacité à maintenir son excellence malgré ces bouleversements, tout en continuant à attirer une clientèle internationale exigeante.



