L'arrivée à Menton, le vendredi 3 juillet 2026, a marqué la fin de l'Alpina Raid pour une centaine d'équipages de Peugeot 205, après un périple de six jours et 800 kilomètres à travers les Alpes. La dernière étape reliait le col de Tende au littoral mentonnais.
Un bolide nommé « La Bernadette »
« La voilà, elle, c’est La Bernadette », montre fièrement Laurent Isnard, en naviguant entre les Peugeot 205 garées sur le parking du supermarché U de Garavan. Ce bolide rouge, recouvert d'autocollants des éditions précédentes, arbore une chouette noire sur la vitre arrière droite, symbole de ses origines vauclusiennes. « C’est la chouette du Luberon, parce que je viens du Vaucluse », confie-t-il avec un accent chantant.
Vétéran du rallye, Laurent était accompagné de Sophie Genieys, une Toulousaine rencontrée en 2021 lors d'un autre rassemblement de Peugeot 205. C'est elle qui l'a initié à l'Alpina Raid, et depuis, il ne manque aucune édition.
Des rencontres humaines au cœur du raid
Ce qui le fait revenir chaque année, ce sont les rencontres. « On a rencontré des jeunes au premier jour de la course, et au final on a passé la semaine ensemble. On était un convoi de cinq équipages. C’était formidable et ça rappelle forcément un peu la jeunesse ! », se remémore ce passionné de 57 ans. « Chaque jour, on discute avec des équipages différents lorsqu’on se suit sur la route. On ne sait jamais qui on va croiser », complète une participante. « C’est ce qui fait la richesse du raid. »
Un road trip de 800 km à travers les Alpes
L'Alpina Raid est un road trip de six jours reliant le Mont Blanc à la mer Méditerranée. Seule condition : posséder une Peugeot 205. Lancé il y a sept ans par Jérémy Blandin, l'événement réunit les passionnés de ce véhicule iconique des années 80. « Avec tous les participants du raid, on partage l’amour de la Peugeot 205. C’est ce qui nous rassemble, et c’est ce qui m’a poussé à imaginer cette aventure », précise le cofondateur et l'un des quinze membres de l'organisation.
Au total, 110 équipages se sont retrouvés au col de la Madeleine en Savoie le dimanche 28 juin pour entamer ce voyage. Le circuit emprunte une trentaine de cols et représente plus de 31 000 mètres de dénivelé positif, avec des pistes parfois difficilement praticables. Chaque soir, un bivouac est organisé dans des spots « à couper le souffle », selon une participante. L'objectif est aussi « de faire découvrir les montagnes en été, avec sa verdoyance, son histoire et ses paysages stupéfiants », développe Jérémy Blandin.
La solidarité, moteur du rallye
Si l'aventure humaine est essentielle, la solidarité est le maître mot. « J’aime bien quand il y a de la casse, c’est là que naît la solidarité entre les équipages », raconte Sophie Genieys, pour qui c'est la deuxième participation. « C’est exactement ça que je recherche quand je participe. »
Cette solidarité dépasse le cadre des participants. Au départ, chaque équipage devait remettre dix kilos de denrées alimentaires pour les Restos du cœur. Alice Benne, fondatrice de l'association Las Chispas qui aide les enfants vulnérables, a acheminé plusieurs dizaines de kilos de vêtements pour enfants et adolescents à bord de sa Peugeot 205 rose bonbon baptisée « Rosita ». Elle les a déposés au refuge pour mineurs non accompagnés de l'Orméa à Sainte-Agnès. Alice et sa copilote Joséphine formaient l'un des trois seuls équipages 100 % féminins de cette édition.
L'aventure continue pour certains
Pour certains participants, l'aventure ne s'arrête pas là. En août, direction la Bretagne pour le départ de l'Europ'raid, un road trip de vingt-deux jours traversant vingt-deux pays européens.



