À Saint-Christophe, une déconnexion numérique qui dure depuis plus de deux mois
Imaginez un quotidien sans internet depuis deux mois et demi. C'est la réalité difficile que vivent une dizaine d'habitants du Péré-Saint-Christophe, dans l'agglomération rochelaise, suite aux importantes chutes de neige du 5 janvier 2026. Ce jour-là, un poteau en bois supportant un entrelacs de câbles téléphoniques a cédé sous le poids de la neige, plongeant le petit hameau dans un isolement numérique complet.
Ce vendredi 20 mars 2026, le poteau est toujours à terre, malgré les interventions des pompiers pour sécuriser le site et les multiples visites des opérateurs téléphoniques venus constater les dégâts. Aucune solution n'a été apportée, laissant les riverains dans une situation de plus en plus difficile à supporter.
Un quotidien bouleversé par la perte de connexion
« On capte déjà très mal, alors sans internet, c'est carrément désespérant », s'impatiente Catherine, retraitée habitant le hameau depuis une dizaine d'années. Elle explique ne plus pouvoir appeler sa fille et son petit-fils en visioconférence, consulter des tutoriels pour la cuisine et le bricolage, ou regarder la télévision normalement. « On reçoit tous les messages longtemps après », ajoute-t-elle, soulignant l'impact concret de cette coupure sur la vie quotidienne.
Même constat pour Julia, qui vit là avec son fils de 4 ans. « Fini la télé. Je dois aller au bout du chemin pour passer commande de certaines courses. Depuis une semaine, j'appelle tous les jours sans relâche, la mairie et mon opérateur », confirme-t-elle, illustrant les efforts déployés pour maintenir un semblant de normalité.
Une question de responsabilité qui reste sans réponse
Le problème est clairement identifié, mais une question cruciale demeure : qui doit réparer le poteau ? Les différents acteurs se renvoient la balle, créant une impasse frustrante pour les habitants. Dans un courrier du 17 février 2026, les services de la Communauté d'agglomération de La Rochelle ont indiqué à Catherine que la responsabilité incomberait à Orange, qui sous-traiterait à XPFibre pour rétablir le réseau.
Cependant, lorsque Catherine contacte directement Orange, son opérateur, les réponses varient constamment, semant la confusion. « Du coup, elle ne sait plus trop qui doit faire quoi », résume la situation, mettant en lumière les dysfonctionnements dans la chaîne de responsabilité.
Philippe Chabrier, maire de Saint-Christophe, a donné son feu vert pour les travaux dès le 13 janvier, mais reconnaît son impuissance face à ce blocage. « Bref, les riverains du chemin du Gué commencent à désespérer », note-t-on, certains envisageant même de déménager face à cette situation prolongée.
Des solutions temporaires insatisfaisantes
En attendant une réparation définitive, les habitants doivent se contenter de palliatifs précaires. Orange a prêté à Catherine un boîtier qu'elle déplace de pièce en pièce pour tenter de capter un débit internet très capricieux. Malgré cela, chacun continue de payer ses abonnements, ajoutant une injustice financière à l'inconfort quotidien.
Les tentatives pour obtenir une réponse claire d'Orange sont restées vaines, laissant les habitants dans l'incertitude. Cette affaire souligne les défis de l'accès aux télécommunications dans les zones rurales et les lacunes dans la gestion des infrastructures critiques.



