Ghaya Rekaya, une chercheuse d'exception à l'assaut des limites de la fibre optique
« Tout problème a une solution, il suffit de trouver la meilleure. » Cette conviction profonde anime le parcours remarquable de Ghaya Rekaya, chercheuse enthousiaste et multiprimée, professeure à Télécom Paris et cofondatrice de la start-up Mimopt. Son ambition ? Décupler les débits dans les fibres optiques grâce à une technologie révolutionnaire qui pourrait bien transformer les télécommunications de demain.
Une innovation lumineuse : injecter un arc-en-ciel dans la fibre
Le principe de Mimopt est aussi simple que génial : au lieu d'envoyer une seule lumière dans la fibre, la technologie consiste à injecter un véritable arc-en-ciel de couleurs. Chaque teinte transporte des informations distinctes, permettant de multiplier considérablement le débit. Cependant, ces lumières ont tendance à se mélanger durant leur trajet, créant des interférences. La solution développée par Mimopt repose sur un codage mathématique sophistiqué qui permet de les séparer avec précision à la réception, garantissant ainsi une transmission optimale des données.
Une femme de terrain, forgée par l'éducation et la résilience
Derrière ces algorithmes complexes se cache une femme de terrain dont l'éclat scientifique puise ses racines dans une éducation tournée vers la liberté et l'autonomie. Son père, fonctionnaire, lui a inculqué l'indépendance, allant jusqu'à lui apprendre à changer une roue de voiture pour ne jamais dépendre de personne. Mais c'est sa mère, professeure de technologie en Tunisie, qui fut son étoile polaire. « Cette femme battante a gravi tous les échelons », confie Ghaya Rekaya, admirative.
Majeure de promotion, elle admire les figures « fortes et droites » comme Christine Lagarde, dont elle loue le courage de décider, même sous le feu des critiques. Car Ghaya connaît bien cette mécanique : lorsqu'elle a lancé sa start-up, certains ont tenté de freiner son élan, prédisant l'échec ou lui prêtant des intentions d'écrasement. Elle balaie ces réflexes avec humilité : « Si j'y arrive, c'est parce que je suis bien entourée. »
Le doute comme moteur et la double culture comme atout
Ghaya Rekaya insiste sur « l'importance du doute », ce qu'elle appelle « reculer pour mieux avancer ». Cette agilité intellectuelle se nourrit de sa double culture, qui lui permet de relativiser les petits tracas du quotidien. Elle s'étonne ainsi de voir les Français râler pour une imprimante en panne, tout en exhortant les Tunisiens à ne pas attendre que le travail se fasse seul.
De son voyage à Bangalore, elle a rapporté une leçon de vie précieuse : là-bas, de la femme de ménage au directeur, malgré la dureté de l'existence, chacun commence sa journée avec le sourire et l'envie de donner le meilleur de lui-même. Cette philosophie l'inspire au quotidien dans son travail de recherche et d'entrepreneuriat.
Un palmarès d'inventeurs qui dessine l'industrie du futur
Autour de Ghaya Rekaya, d'autres innovateurs contribuent à façonner l'industrie de demain. Samuel Perez et Jonathan Lévy de Galam Robotics développent Tak-One, une solution brevetée d'automatisation pour optimiser le stockage logistique face à l'essor du e-commerce.
Ekaterina Shilova, Pascal Viel et Vincent Huc d'Ajelis proposent des matériaux filtrants à base de fibres, capables de capter sélectivement les micropolluants de l'eau. Zahra Abada et Sébastien Thibaudeau d'Activ-H ont mis au point une technologie d'activation chimique fondée sur l'usage de superacides, qui modifie la réactivité des molécules.
Christian Duriez de Compliance Robotics déploie une nouvelle génération de robots pour les industriels, spécialisés dans le packaging d'objets fragiles, la manipulation de fruits et légumes ou encore la cueillette. Jacques Marteau de Muodim développe une méthode innovante d'imagerie, la muographie, qui utilise le rayonnement naturel de particules élémentaires.
Sabri Takali et Ahmed Kacem de Plenesys conçoivent un procédé de production d'hydrogène appelé HyPlasma, pour transformer le méthane en hydrogène décarboné. Enfin, Hicham Maskrot et Timothée Delacroix d'AM3L fabriquent des structures 3D très poreuses pour l'amortissement de chocs, la filtration et la protection de déchets nucléaires.
Ces projets, sélectionnés par le jury du Palmarès des inventeurs 2026 du « Point », illustrent la vitalité de la recherche française et son potentiel pour répondre aux défis technologiques et environnementaux de notre époque.



