Landes : l'extinction programmée du réseau cuivre se précise pour 2027
L'arrêt historique du réseau cuivre en France va connaître sa première concrétisation territoriale dans les Landes dès janvier 2027. Cette échéance marque un tournant technologique majeur pour les 18 communes initialement concernées, dont Dax, où environ 2 500 foyers risquent de se retrouver brutalement privés de téléphone fixe, de télévision et d'internet s'ils n'ont pas effectué leur migration vers la fibre optique.
Une obsolescence technologique inéluctable
Benjamin Dulon, directeur des relations avec les collectivités locales des Landes et des Pyrénées-Atlantiques chez Orange, justifie cette transition : « Le cuivre s'arrête car il ne correspond plus aux usages actuels du réseau Internet, avec une consommation de bande passante toujours croissante. La fibre optique répond parfaitement à ces nouveaux besoins. »
Le responsable technique souligne également les vulnérabilités intrinsèques du cuivre : « Ce matériau est particulièrement sensible à l'humidité. Une exposition à l'eau, même partielle, peut générer des problèmes de connexion bien plus importants qu'avec la fibre. Sans compter les vols de fils de cuivre, qui demeurent fréquents dans certaines zones. »
Un calendrier de déploiement précis et progressif
Les premières communes impactées en janvier 2027 sont :
- Bascons, Benquet, Bostens
- Dax (19 328 logements sur les 28 153 concernés)
- Estibeaux, Garrey, Grenade-sur-l'Adour
- Larrivière-Saint-Savin, Laurède, Mouscardès
- Narrosse, Ossages, Ozourt
- Poyanne, Saint-Perdon, Tilh
- Vicq-d'Auribat et Yzosse
Ce premier lot sera suivi par trente communes supplémentaires en janvier 2028, dont Mont-de-Marsan, puis vingt autres en mai et trente-neuf en octobre de la même année. L'extinction totale du réseau cuivre dans le département est programmée pour janvier 2031, après une transition échelonnée sur quatre années.
Un taux de couverture fibre jugé suffisant
Le choix de ces communes pionnières s'explique par leur taux de déploiement fibre déjà avancé. « Le taux de couverture approche les 100% dans les 18 premières communes concernées », précise Benjamin Dulon. « Seulement 9% des logements de ce premier lot ne sont pas encore raccordés. Pour les foyers concernés en 2028, ce taux s'élève à 12%. »
Cette transition s'appuie sur des infrastructures déployées par les opérateurs (Orange, SFR, Bouygues, Free), le Sydec et PIXL, avec un investissement notable du Conseil départemental des Landes qui consacre 1,65 million d'euros à l'aménagement numérique cette année, dont un million spécifiquement dédié aux raccordements « complexes ».
Une campagne de sensibilisation proactive
Deux ans avant chaque échéance, les opérateurs lancent des réunions coordonnées avec la préfecture et les municipalités. « L'objectif est une communication maximale pour ne laisser personne sur le bord du chemin, notamment les personnes isolées qui pourraient ignorer cette transition », insiste le représentant d'Orange.
Les démarches pour les habitants sont multiples :
- Opérations de porte-à-porte ou d'appels téléphoniques par les opérateurs
- Consultation en boutiques physiques
- Recherche d'informations sur les sites internet dédiés
- Appels aux services clients des différents fournisseurs
« Les opérateurs facturent généralement l'installation de la fibre autour de cinquante euros en moyenne », indique Benjamin Dulon. « Mais le vrai défi est d'éviter un réveil de dernière minute. Une intervention standard dure une à deux heures, mais des complications techniques peuvent allonger considérablement les délais. Il ne faut donc pas procrastiner. »
Une attention particulière est portée aux personnes âgées qui n'utilisent le réseau cuivre que pour le téléphone fixe. Des offres spécifiques, uniquement téléphoniques, leur seront proposées pour garantir leur maintien en ligne après l'extinction du cuivre.



