Tassadit Quivy, première femme présidente de la French Tech Méditerranée
Tassadit Quivy, première femme à la French Tech Méditerranée

Tassadit Quivy, 39 ans, est la première femme à prendre la tête de la French Tech Méditerranée, succédant à Sébastien Lacaze. Mère de trois enfants et formée au droit, elle dirige également Yoo Soft, une entreprise de logiciels. Son parcours, de l'immobilier à la tech, illustre une génération de dirigeantes qui bousculent les codes.

Un parcours atypique

Première de sa famille à obtenir le baccalauréat, Tassadit Quivy s'oriente vers le droit à Strasbourg puis Montpellier. Elle envisage le notariat avant de se spécialiser en droit immobilier. Salariée dans la promotion immobilière, elle met sa carrière entre parenthèses pour élever ses trois enfants. "J'ai voulu faire des enfants jeune", confie-t-elle. Aujourd'hui, elle pratique le judo avec son fils.

Dans l'immobilier, elle constate les limites des outils utilisés : "On continuait à travailler avec des fichiers Excel. Je me suis dit qu'il y avait quand même un sujet." La rencontre avec Éric Quivy, spécialiste des systèmes d'information, transforme cette intuition en projet. Ensemble, ils développent une solution de logiciels sur mesure grâce au no-code. Tassadit Quivy quitte alors une situation confortable pour entreprendre, expliquant à ses enfants que le train de vie changerait. "Ils m'ont simplement répondu : 'D'accord maman'."

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Le déclic au CES de Las Vegas

Dans un univers où les femmes restent minoritaires, les doutes persistent. Le déclic survient en 2024 au CES de Las Vegas, le plus grand salon technologique mondial. Seule sur le stand de Yoo Soft, elle présente sa technologie à des visiteurs internationaux. "Quand j'ai vu que j'étais capable d'expliquer notre solution à des Américains comme à des Européens, et qu'ils comprenaient parfaitement ce qu'on faisait, j'ai compris que j'étais légitime."

Cette confiance la conduit à accepter la présidence de la French Tech Méditerranée pour un mandat de deux ans. "C'est une mission. Il faut renouveler, faire entrer de nouvelles personnes et de nouvelles idées. On ne peut pas être French Tech et ne pas innover", affirme-t-elle.

Priorités : internationalisation, talents et coopération

La French Tech Méditerranée fédère plusieurs centaines d'acteurs du numérique et de l'innovation à Montpellier. Sa mission : favoriser les rencontres, accompagner la croissance des start-up, faciliter l'accès au financement et rayonner à l'international. Tassadit Quivy met l'accent sur l'internationalisation des start-up, l'émergence des talents et le renforcement des liens entre les acteurs. "Montpellier, c'est un écosystème assez riche. Entre le BIC, la Métropole, la Région ou encore les réseaux économiques, tout le monde travaille ensemble."

Place des femmes et intelligence artificielle

Elle défend la place des femmes dans le numérique : "Il faut dire aux filles qu'elles sont aussi fortes que les garçons." Sur l'intelligence artificielle, elle compare cette révolution à l'arrivée d'Internet : "On l'utilise déjà partout. On ne reviendra pas en arrière. La question, ce n'est pas de la subir, c'est d'apprendre à l'utiliser intelligemment."

Interrogée sur une éventuelle carrière politique, elle n'écarte pas l'idée, mais plutôt à l'échelle européenne, sur les enjeux d'innovation et de souveraineté numérique. "On ne ferme pas de portes", dit-elle, avançant avec énergie malgré les doutes.

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