Livraison par drone aux yachts : Flyde décolle à Juan-les-Pins
Livraison par drone aux yachts : Flyde décolle à Juan-les-Pins

Ce vendredi matin, un drone de la startup Flyde a pris son envol au-dessus du port Gallice, un colis suspendu au bout d'un fil d'acier, direction les yachts au mouillage. Pour Pierre Deyris, fondateur, ce vol marque l'aboutissement de plusieurs années de développement. Dès ce 1er août, le service de livraison de colis par drone devient officiellement opérationnel.

Un drone 100 % électrique pour remplacer les tenders

Le drone, conçu avec le constructeur français Kavok, est équipé de flotteurs et d'un système d'hélitreuillage. Il peut déposer jusqu'à 8 kilos de fret sans jamais se poser sur les bateaux, éliminant ainsi les risques de perte de lien télécom. « Généralement à partir de 11 heures, les tenders viennent récupérer les colis qui sont amenés par les livreurs. Venir, sortir un bateau, mobiliser deux membres d'équipage, ça prend une demi-heure et ça coûte au moins 27 euros à chaque fois juste pour récupérer un paquet. Le drone apporte une réponse 100 % électrique, plus rapide, plus éco-durable et performante en coûts », explique Pierre Deyris.

L'appareil vole à plus de 60 km/h et relie le port aux navires en moins de quinze minutes. La base de Juan-les-Pins couvre la baie jusqu'aux îles de Lérins et aux abords de Cannes.

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Un modèle économique pensé pour les agents maritimes

Plutôt que de s'adresser directement aux plaisanciers, Flyde s'associe aux agents maritimes locaux pour s'intégrer à la chaîne logistique existante. Trois formules d'abonnement sont proposées : 50, 100 et 200 euros. Les vols débutent trois jours par semaine (du jeudi au samedi), avant de s'étendre au dimanche puis au mercredi.

La startup prépare déjà l'ouverture d'une seconde base au port du Béal à Cannes-Mandelieu, avec l'ambition de mailler tout le littoral de Monaco à Ramatuelle.

Des autorisations de vol obtenues sous haute surveillance

Pour obtenir le droit d'opérer, Flyde a dû franchir un parcours juridique complexe sous le cadre de la réglementation européenne 2019/947. L'entreprise a collaboré avec la direction de la sécurité de l'aviation civile (DSAC), la préfecture maritime et les douanes. Chaque base d'envol a fait l'objet d'une analyse de risques (SORA) évaluant la densité de population survolée et le trafic maritime.

Le drone emprunte des couloirs aériens stricts : il s'élève au-dessus de l'eau avant d'effectuer un virage à 90 degrés vers le navire. Il intègre des balises AIS pour détecter les bateaux à 5 kilomètres et des procédures d'évitement en cas d'hélicoptère. Un travail de pointe mené avec les aéroports de la Côte d'Azur pour apprivoiser la cohabitation entre aviation traditionnelle et drones.

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