Monique Barbut a-t-elle vraiment démissionné de la présidence de la mission d'information sur les retraites ? Rien n'est moins sûr. Selon des sources proches du dossier, cette démission serait un écran de fumée orchestré par l'exécutif pour masquer les tensions autour de la réforme des retraites. Le gouvernement, en difficulté sur ce dossier sensible, aurait promis des aménagements à la mission tout en niant toute pression.
Une démission sous conditions
Barbut, ex-présidente du Fonds pour l'environnement mondial, a annoncé son départ après avoir été nommée en mai dernier. Mais des documents internes révèlent qu'elle aurait posé des conditions à son départ, notamment la garantie que la mission reste indépendante. L'exécutif, de son côté, assure que sa démission est libre et volontaire. Pourtant, des courriels évoquent des échanges tendus avec Matignon.
Les promesses non tenues
Le gouvernement avait promis à Barbut que la mission pourrait auditionner librement tous les acteurs de la réforme, y compris les opposants. Mais selon un membre de la mission, ces promesses n'ont pas été tenues : « On nous a imposé un calendrier serré et des auditions limitées. C'était une mascarade », a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat. Le nombre d'auditions prévues a été réduit de 30 à 15, soit une baisse de 50 %.
Des mensonges assumés
L'exécutif a nié toute ingérence, mais des fuites montrent que le cabinet du Premier ministre a téléphoné à plusieurs reprises à Barbut pour lui demander de modérer ses critiques. « On nous a dit que la réforme était inéluctable et qu'il ne fallait pas créer de polémique », a confié un proche de Barbut. Le ministère du Travail a démenti ces affirmations, parlant de « simples échanges de courtoisie ».
Les conséquences politiques
Cette affaire fragilise encore un peu plus la position du gouvernement sur les retraites. Alors que les syndicats appellent à une nouvelle journée de mobilisation le 15 septembre, la majorité peine à rassembler ses troupes. Un sondage récent indique que 68 % des Français désapprouvent la réforme, un chiffre en hausse de 5 points depuis la démission de Barbut.
Une mission en sursis
La mission d'information, censée éclairer le débat public, est désormais discréditée. Plusieurs députés de l'opposition ont demandé sa dissolution. Le président de la commission des Affaires sociales, qui avait nommé Barbut, a exprimé sa « déception » et réclamé des explications au gouvernement. L'avenir de la mission reste incertain, tout comme la réforme elle-même.



