Le fondateur de Pagani était à Monaco ce samedi pour l'ouverture d'un showroom dédié à la marque chez BPM Exclusive. Celui qui puise ses influences dans les travaux de Léonard de Vinci a accordé une interview exclusive à Monaco-Matin.
Une Pagani à Monaco : un rêve devenu réalité
À Monaco, une Pagani qui parade dans les rues suscite automatiquement l'effervescence des passionnés. En plein salon Top Marques, qui abrite le nec plus ultra de l'automobile, c'est dans un quartier inhabituel, à Fontvieille, que les carspotters ont rappliqué par dizaines pour immortaliser la Zonda Roadster Diamante Verde de Fernando Alonso, un bijou de 760 chevaux valorisé à 10 millions d'euros. Le pilote F1 de l'écurie Aston Martin assistait ce samedi à l'inauguration très select du showroom Pagani, 24 avenue de Fontvieille, à deux pas du stade Louis-II, au cœur des locaux de BPM Exclusive.
Distributeur de la marque italienne depuis mai 2024 – ils sont une vingtaine autour du globe – le groupe a enfin trouvé l'écrin idoine pour vendre ses pièces d'orfèvrerie, fabriquées à la main, où la personnalisation est poussée à l'extrême. À l'instar d'une autre œuvre d'art, la Huayra Codalunga Speedster, exposée pour l'occasion dans le showroom et produite à moins de 10 exemplaires dans le monde.
Interview exclusive avec Horacio Pagani
Horacio Pagani, fondateur de la marque d'hypercars en 1998, a accordé une interview exclusive à Monaco-Matin. Une poignée de minutes durant lesquelles cet entrepreneur et ingénieur argentin, grand admirateur de Léonard de Vinci, véhicule une passion viscérale née très tôt. Adolescent, déjà, il construisait ses premiers modèles réduits en bois et résine.
La rareté comme philosophie
À l'image de Pagani, le showroom de Monaco s'inscrit dans la rareté…
Nous sommes très fiers d'avoir une vingtaine de showrooms dans le monde. Toutes nos voitures sont homologuées pour rouler, y compris en Californie où les normes demeurent les plus drastiques et difficiles à obtenir. Avoir un concessionnaire à Monaco était un rêve de toute une vie. Il y a un avant, ici c'est un après.
L'influence de Léonard de Vinci
On vous dit grand fan de Léonard de Vinci. Vous voyez l'automobile comme de l'art, avec cette approche de « haute couture » ?
J'ai eu la chance, petit, d'être passionné par la matière artistique et d'éprouver une grande curiosité pour la science. Naturellement, je me suis rapproché de l'univers de Léonard de Vinci qui cherchait, lui aussi, ce compromis. Souvent, ces deux disciplines – la créativité et la technique – suivent des voies parallèles, voire divergentes. Il nous a appris que, au contraire, elles convergent. À notre petite échelle de constructeur, nous essayons avec humilité de perpétuer cela.
La valeur des Pagani
À l'instar des œuvres d'art, les Pagani prennent-elles de la valeur avec le temps ?
Oui, il y a une forte croissance de la valeur des Pagani depuis sa création. Ce n'est pas moi qui le dit mais les statistiques. Une des premières voitures produites chez Pagani avait initialement été vendue à 1,5 million d'euros. Lors d'une transaction privée, elle a été réévaluée à 32 millions.
Une production limitée
Très peu d'exemplaires sont produits chaque année, 60 à 65 environ. Pourquoi ce choix ?
La Motor Valley à Modène, c'est l'histoire de l'automobile avec des marques merveilleuses comme Ferrari et Maserati. Nous ne sommes ni meilleurs, ni pires, mais nous essayons de produire des voitures qui s'apparentent à la confection d'un costume sur-mesure. Elles sont fabriquées à la main et nous ne pouvons pas produire en grande quantité. Le simple fait d'augmenter la production annuelle de 2 à 3 voitures signifie qu'il faut commencer des années à l'avance pour former le personnel. Cela ne s'apprend pas du jour au lendemain.
L'artisanat plutôt que l'automatisation
Pourquoi ne pas avoir choisi l'automatisation industrielle ?
C'est un héritage de la Renaissance. Le fait de continuer à cultiver une activité manuelle et artistique, avec un aspect scientifique, constitue une forme d'épanouissement. Cela crée de la valeur ajoutée, comme un vêtement sur-mesure.
Des demandes insolites
La personnalisation des voitures est vraiment poussée à l'extrême, selon les clients. Avez-vous reçu des demandes insolites ?
Chaque client souhaite une voiture à son image, qui lui correspond. Nous essayons donc de répondre à leurs attentes en les aidant à trouver le bonheur. La voiture que nous avions réalisée en collaboration avec Bulgari avait 5 millions d'euros d'options.
Des clients passionnés avant tout
Chez BPM Exclusive, distributeur de 15 marques automobiles de luxe en Principauté, on se félicite d'avoir déniché un écrin à la hauteur de la marque Pagani au 24, avenue de Fontvieille. « C'est une approche presque artisanale de l'automobile : tout est réalisé à la main avec un niveau de finition exceptionnel et une personnalisation quasi sans limite. Surtout, la marque cultive un véritable esprit de famille et privilégie des clients passionnés plutôt que des spéculateurs », confie Guido Giovannelli, directeur de BPM Exclusive.
En général, Horacio Pagani informe, en personne et en exclusivité, les clients de la sortie d'un nouveau modèle. Eux-mêmes ont, précédemment, été sélectionnés par le grand patron. « Pour avoir une Pagani, il faut vraiment la mériter. On parle de 60 à 65 voitures livrées chaque année dans le monde. Il faut montrer patte blanche, assure Thomas Cordier, référent de la marque Pagani sur Monaco. On soumet le profil du client à l'usine, c'est M. Pagani qui décide ensuite. Les clients n'ont pas le droit de revendre la voiture sous deux ans. Et s'ils la vendent ensuite hors du réseau concessionnaire officiel, ils sont blacklistés de Pagani. »
En Europe, la marque est représentée au Danemark, en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Pologne et, depuis mai 2024, à Monaco.



