Le Département des Landes, en collaboration avec l'opérateur OTV Veolia, a installé une unité-pilote mobile de traitement des micropolluants des eaux usées à la sortie de la station d'épuration de Conte à Mont-de-Marsan. Cette expérimentation, d'une durée de six mois, vise à tester trois familles de technologies, seules ou combinées, pour éliminer les substances indésirables qui échappent aux traitements classiques.
Une première en France
Les micropolluants, présents dans les médicaments, cosmétiques, produits d'entretien, pesticides et PFAS, constituent une menace pour la santé et la biodiversité. Si les stations d'épuration éliminent les macropolluants comme les nitrates et les phosphates, les micropolluants passent souvent à travers les mailles du filet. La réglementation française n'oblige pas encore leur suppression, mais l'Europe a fixé une échéance à 2045. Le Conseil départemental des Landes a anticipé cette obligation en lançant une étude en 2021, suivie d'un voyage en Suisse en 2023, pays pionnier en la matière.
Neuf technologies innovantes
L'expérimentation, qui a débuté en mars 2026, réunit neuf technologies de trois familles : l'adsorption sur charbon actif, l'oxydation avancée et la filtration membranaire. Cinq conteneurs abritent ces technologies, testées sur deux mètres cubes d'eau traitée par heure. L'objectif est d'évaluer l'efficacité, la consommation de réactifs et d'énergie de chaque procédé, ainsi que leurs combinaisons possibles. « Une technique peut être complémentaire d'une autre et être utilisée pour diminuer les rejets de l'autre », explique Philippe Sauvignet, directeur technique d'OTV Veolia.
Vers une réutilisation des eaux traitées
Des échantillonnages hebdomadaires permettront d'analyser les effluents avant leur rejet dans le milieu naturel. Les données collectées serviront à d'autres stations et territoires, avec pour ambition de rapporter les coûts au mètre cube traité. Patricia Beaumont, conseillère départementale en charge de la transition énergétique, souligne : « L'ambition est de voir quelle technologie est la plus efficace pour éliminer tel ou tel micropolluant, dans une perspective de réutilisation des eaux usées traitées pour l'irrigation agricole ou industrielle. » Cette initiative, financée à 50 % par l'Agence de l'eau Adour-Garonne, avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine et de partenaires académiques, est unique en France par son approche multi-technologies.



