Une guerre de huit ans prend fin
Il y a plus d’un mois, Pascal Bataille a finalement vendu son hôtel Côté Sable au Cap-Ferret à l’entrepreneur Laurent Taïeb, qui venait d’ouvrir le sien juste à côté, la Villa Colette. Les deux hommes se sont affrontés devant les tribunaux pendant huit ans et ont trouvé un accord une fois toutes les procédures terminées. « Il faut savoir terminer une guerre », a déclaré Pascal Bataille, qui ne s’est pas contenté de le dire, mais l’a fait.
Le propriétaire de l’hôtel Côté Sable, également animateur télé bien connu du public, a ainsi cédé son bien à Laurent Taïeb, dont le groupe Utopik Collection a annoncé l’achat sur LinkedIn. La guerre des hôtels de luxe, qui a duré huit ans, s’est achevée d’une façon inattendue et en toute discrétion.
Les origines du conflit
Le conflit entre les deux hommes durait depuis 2018. Pascal Bataille avait été le premier à ouvrir le feu en attaquant le projet d’hôtel de luxe Villa Colette au tribunal administratif. Il n’était pas le seul contestataire. Au cœur de ce recours, deux sujets : un parking souterrain qui aurait représenté un « danger » pour la nappe phréatique et la proximité des murs de la Villa Colette devant cinq chambres de Côté Sable.
« Je n’ai jamais été contre un deuxième hôtel à côté du mien, mais il y avait un préjudice pour mon établissement », a toujours expliqué Pascal Bataille. Laurent Taïeb l’avait finalement emporté devant la justice, mais n’avait pas vraiment apprécié ces procédures qui avaient retardé son projet.
Représailles et lassitude
À son tour, très probablement en représailles, l’entrepreneur parisien a attaqué un projet d’agrandissement de Côté Sable porté par Pascal Bataille et ses associés. Cette extension était prévue sur un terrain de 1 400 mètres carrés pour un montant de sept millions d’euros. Une extension « indispensable pour la viabilité économique de l’entreprise » avait déclaré à Sud Ouest Pascal Bataille.
La bataille judiciaire a duré cinq ans, jusqu’au 24 octobre dernier, lorsque le Conseil d’État – la plus haute juridiction – n’a finalement pas jugé recevable la contestation du permis de construire de l’extension. Tout en affichant sa satisfaction, Pascal Bataille affirmait alors être « las et fatigué de ces procédures ». C’était il y a sept mois.
Cette lassitude est l’une des raisons qui l’a incité à vendre peu de temps après son hôtel à son voisin. C’est en tout cas ce que Pascal Bataille explique à Sud Ouest : « Laurent Taïeb a fait une proposition très appréciable, il a été très correct, il a cette capacité financière. Je crois aussi qu’il en avait besoin pour proposer un Spa. Mes associés ont montré leur intérêt. Ce projet d’agrandissement aurait de toute façon été difficile à mener. Le Cap-Ferret est en train de changer, avec des investissements de plus en plus importants. Je suis très fier de Côté Sable, mais j’avais l’impression aussi d’être arrivé au bout de cette aventure. »
L'avenir après la vente
Même s’il n’a plus son hôtel, Pascal Bataille dit vouloir rester un « résident du Cap-Ferret ». Quant à Laurent Taïeb, il va pouvoir proposer davantage de services et de chambres avec ses deux établissements voisins de quelques mètres. D’autant que Côté Sable est encore mieux placé face au Bassin, alors que la Villa Colette est un peu en recul.
Dans la guerre des hôtels de luxe, le gros a mangé le petit. Mais le petit n’a pas l’air mécontent de passer à autre chose.



