« Usines ouvertes » : 500 sites industriels accueillent le public pour promouvoir les métiers
« Usines ouvertes » : 500 sites ouvrent pour promouvoir l'industrie

« Usines ouvertes » : une deuxième édition pour séduire les jeunes vers l'industrie

L'opération « Usines ouvertes » revient pour une deuxième édition avec un objectif ambitieux : attirer les jeunes et le grand public vers les carrières industrielles. Quelque 500 usines à travers la France ouvriront leurs portes aux collégiens et lycéens ce vendredi, puis au grand public ce samedi. Cette initiative, portée par l'association des anciens élèves des Arts et Métiers, vise à promouvoir l'emploi dans un secteur souvent méconnu.

Un succès en croissance et un secteur en tension

Stéphane Gorce, président de la société des Ingénieurs des Arts et Métiers, à l'origine de l'opération inspirée des Journées du Patrimoine, se réjouit de l'expansion. « Lors de la première édition l'année passée, c'était 240 usines et plus de 20 000 visiteurs. Cette année, on va dépasser les 500 usines », a-t-il déclaré. Pourtant, le contexte est paradoxal : si certains secteurs industriels ont souffert avec un solde négatif de créations d'usines en 2025, de nombreux domaines recrutent activement et peinent à pourvoir leurs postes.

Selon les dernières données de la Dares, le service statistique du ministère du Travail, il y avait 60 000 emplois vacants dans l'industrie au quatrième trimestre 2025. Malgré cela, l'image du secteur semble s'effriter. La société des ingénieurs des Arts et Métiers, qui commande des sondages, a observé un recul de la proportion de personnes recommandant un emploi industriel à un proche, passant de 11% à 8% l'an passé. Stéphane Gorce attribue cette tendance aux annonces de fermetures d'usines, mais insiste : « Il y a des carrières à faire ».

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Des besoins massifs en recrutement dans des secteurs clés

Les perspectives d'emploi sont pourtant prometteuses. Le secteur de la métallurgie, qui emploie 1,5 million de salariés, anticipe des besoins annuels de 200 000 recrutements sur la prochaine décennie, selon l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Ces opportunités sont particulièrement fortes dans l'aéronautique et l'automobile.

Parallèlement, la filière nucléaire, en pleine relance avec plus de 250 000 emplois directs et indirects, prévoit de recruter entre 6 000 et 10 000 personnes par an jusqu'en 2035. Ces chiffres illustrent la dynamique de recrutement malgré les défis structurels.

Une opération nationale pour tous les niveaux de qualification

Des usines de toutes tailles, réparties sur l'ensemble du territoire français, participeront à l'événement. Elles proposent des métiers adaptés à tous les niveaux de qualification, de l'opérateur à l'ingénieur. Pour faciliter l'accès, les organisateurs ont financé des transports en cars spécialement dédiés aux collégiens, lycéens et étudiants, afin de rendre la visite plus accessible.

La liste complète des sites participants est disponible en ligne, permettant aux intéressés de planifier leur visite. Stéphane Gorce souligne l'enjeu économique : « La part de l'industrie dans le PIB, aujourd'hui, c'est moins de 10% ». Il appelle la France à « se remuscler » sur ce plan, en s'inspirant de ses voisins allemand et italien, où l'industrie occupe une place plus importante.

Cette deuxième édition d'« Usines ouvertes » représente donc une opportunité cruciale pour rapprocher le public des réalités industrielles, combattre les préjugés et répondre aux besoins urgents de main-d'œuvre dans un secteur vital pour l'économie nationale.

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