Dunkerque : Macron salue l'investissement d'ArcelorMittal et appelle à ne pas céder à la fatalité
Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est rendu ce mardi sur le site dunkerquois d'ArcelorMittal pour célébrer une annonce majeure : le groupe sidérurgique confirme un investissement de 1,3 milliard d'euros pour la construction d'un four électrique dans son usine nordiste. Une décision qualifiée d'"étape fondamentale" par le chef de l'État, qui a insisté sur l'importance de cette avancée pour l'industrie française et européenne.
Un contexte difficile pour la sidérurgie
Emmanuel Macron n'a pas manqué de rappeler les défis auxquels fait face le secteur sidérurgique ces dernières années. "On était dans une panade terrible", a-t-il reconnu, évoquant une période marquée par :
- La flambée des prix de l'énergie
- Une concurrence déloyale accrue
- L'agressivité commerciale de la Chine, qui a déversé des volumes massifs d'acier sur le marché européen après la pandémie
Le président a même révélé qu'il y a un an, ArcelorMittal envisageait de renoncer à investir en France, doutant de la survie de la sidérurgie européenne. "Le moment qu'on est en train de vivre n'était pas écrit du tout", a-t-il souligné.
La mobilisation française et européenne
Face à ces difficultés, Emmanuel Macron a mis en avant les efforts conjoints déployés pour soutenir l'industrie. Au niveau national, la mise en place de contrats à long terme par EDF a permis aux entreprises électro-intensives comme ArcelorMittal de bénéficier de prix de l'électricité compétitifs.
À l'échelle européenne, le président a rappelé les actions entreprises :
- L'instauration de quotas limitant les importations d'acier sans droits supplémentaires
- La mise en place d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières
"On s'est tourné vers l'Europe en disant : 'si vous ne nous protégez pas, si vous ne réagissez pas à cette concurrence déloyale, on est foutu'", a déclaré Emmanuel Macron, soulignant l'importance de cette mobilisation collective.
Vers un avenir industriel décarboné
Le chef de l'État a insisté sur la nécessité de produire de l'acier décarboné pour renforcer la compétitivité et l'indépendance de la France et de l'Europe. "Quand on a de la compétence humaine et du savoir-faire, qu'on décide de se mobiliser, on a un avenir industriel", a-t-il affirmé.
Emmanuel Macron voit dans la construction de ce premier four électrique le début d'une aventure plus ambitieuse. "On va aller plus loin. Je veux qu'on aille au bout de l'aventure. Qu'on arrive avec le groupe à construire le deuxième four", a-t-il annoncé, exprimant son optimisme pour l'avenir.
Un message d'espoir et de vigilance
Le président a conclu son intervention en mettant en avant la capacité de la France à créer des emplois industriels grâce à l'innovation, contrairement à de nombreux voisins européens qui en détruisent. Cependant, il a tempéré cet optimisme par une note de prudence : "Rien n'est gagné", a-t-il prévenu, appelant à poursuivre les efforts pour consolider ces avancées.
Cet investissement d'ArcelorMittal à Dunkerque symbolise ainsi une victoire contre la fatalité, selon Emmanuel Macron, qui encourage à ne jamais baisser les bras face aux défis industriels et économiques.