Un rapport parlementaire publié mercredi 1er juillet 2026 détaille comment les groupes privés Galileo et Collège de Paris ont su tirer avantage de la réforme de l'apprentissage pour accroître leurs profits, en exploitant des failles du système.
Des bénéfices en forte hausse grâce à l'apprentissage
Selon le rapport, le groupe Galileo, spécialisé dans l'enseignement supérieur privé, a vu son chiffre d'affaires lié à l'apprentissage bondir de 300 % entre 2018 et 2025, passant de 50 millions à 200 millions d'euros. De son côté, le Collège de Paris, réseau d'écoles privées, a enregistré une hausse de 250 % sur la même période, atteignant 150 millions d'euros. Ces augmentations spectaculaires coïncident avec la réforme de 2018 qui a libéralisé le marché de l'apprentissage.
La rapporteure, députée Sophie Dubois (groupe écologiste), a déclaré : « Ces groupes ont transformé l'apprentissage en une véritable machine à cash, au détriment de la qualité de la formation et des droits des apprentis. »
Des pratiques contestables identifiées
Le rapport pointe plusieurs pratiques problématiques. D'abord, la surfacturation des formations : les frais de scolarité facturés aux entreprises sont souvent bien supérieurs aux coûts réels. Ensuite, le recours massif à des formateurs sous-payés et peu qualifiés, parfois sans expérience professionnelle. Enfin, des abandons de formation élevés, atteignant 40 % dans certains cursus, ce qui permet aux groupes de conserver les financements sans assurer un suivi effectif.
« Ces groupes privés captent des fonds publics sans garantie de qualité, ce qui est inacceptable », a ajouté Sophie Dubois. Le rapport recommande de renforcer les contrôles et de plafonner les frais de formation.
Des conséquences pour les apprentis et les finances publiques
Le système de financement, basé sur des certificats de réalisation, est particulièrement vulnérable. Les groupes privés sont rémunérés par les opérateurs de compétences (Opco) dès l'inscription, sans vérification approfondie de l'assiduité ou des résultats. Cela a conduit à un gaspillage estimé à 500 millions d'euros par an, selon le rapport.
Les apprentis, souvent jeunes et en situation précaire, sont les premières victimes. Beaucoup se retrouvent sans diplôme et avec une dette de formation. Le rapport cite le cas d'un ancien apprenti du Collège de Paris, qui a témoigné : « On nous promettait un emploi, mais la formation était bâclée. J'ai perdu un an. »
Les groupes se défendent
Contactés, Galileo et Collège de Paris contestent les conclusions. Galileo affirme que « la qualité de nos formations est reconnue par les certifications officielles » et que « les résultats de nos apprentis sont supérieurs à la moyenne nationale ». Le Collège de Paris dénonce un « rapport partial » et assure que « le taux d'abandon est similaire à celui du public ».
Le gouvernement, par la voix du ministre du Travail, a promis de « tirer toutes les conséquences de ce rapport » et d'annoncer des mesures dans les prochaines semaines pour « moraliser le secteur ».



