Flying Whales choisit Agen pour son école de formation aux métiers du dirigeable
L'arrivée du centre de formation aux métiers du dirigeable de la société Flying Whales à Agen va profondément transformer le site de l'aéroport départemental. Après dix mois de travaux prévus, cette implantation marque une étape significative pour le territoire lot-et-garonnais, qui a su convaincre face à des concurrents comme Royan et Biscarrosse.
Un choix stratégique pour le transport décarboné
Le président du Syndicat mixte pour l'aérodrome départemental (Smad) ne cache pas son enthousiasme. « On va pouvoir faire de superbes photos », confie-t-il, anticipant déjà le passage des impressionnants dirigeables XXL de Flying Whales dans le ciel agenais. L'entreprise, spécialisée dans le transport décarboné de charges lourdes, a sélectionné ce site pour des raisons techniques déterminantes.
Selon Jean Dionis, président du Smad, plusieurs facteurs ont pesé dans cette décision : « la disponibilité des pistes, les locaux existants dont une partie occupée par l'école de pilotage Cannes Aviation Academy, la présence du contrôle aérien ». Cette implantation intervient à un moment crucial pour l'aéroport, fragilisé par la fermeture de la ligne Agen-Paris et la liquidation judiciaire de l'institut Airways.
Un investissement de deux millions d'euros pour reconfigurer le site
Le syndicat mixte, qui regroupe l'Agglomération d'Agen, le Conseil départemental et la Chambre de commerce et d'industrie, s'engage avec Flying Whales dans une convention établie sur trente ans. Christelle Garbino, directrice de l'économie et de l'aménagement du territoire à l'Agglo d'Agen, précise : « Le Smad reste propriétaire du foncier et du hangar ».
Près de deux millions d'euros vont être investis pour adapter le site à sa nouvelle vocation. Les travaux incluent notamment le rehaussement d'un hangar existant pour le porter à 17 mètres de hauteur, permettant ainsi d'accueillir le ballon de formation des futurs pilotes. Le hangar de l'aéroclub sera quant à lui déplacé après démolition, tout en conservant une emprise au sol pour les développements futurs de l'école Flying Whales.
Si le calendrier précis des travaux reste à établir, les procédures d'appels d'offres n'étant pas finalisées, le chantier devrait s'étendre sur environ dix mois.
Une formation ambitieuse pour des métiers d'avenir
La nouvelle structure de formation promet d'être particulièrement dynamique. Christelle Garbino détaille les perspectives : « 40 élèves pilotes par an, autant de mécaniciens, 35 grutiers, des arrimeurs, 25 à 30 cadres ». Elle accompagnera non seulement le recrutement local, mais aussi l'arrivée prochaine d'une équipe brésilienne pionnière dans le domaine.
Cette implantation représente « de nouveaux profils et une nouvelle compétence pour le territoire », souligne-t-elle. Le projet bénéficie du soutien actif d'Alain Rousset et de la Région, qui est actionnaire de Flying Whales.
Une vision écologique au cœur du projet
Le dossier Flying Whales s'inscrit dans une vision environnementale forte. Accueillir le centre de formation à Agen pouvait sembler risqué, mais « celle-ci est calculée », selon les porteurs du projet. Flying Whales représente une entreprise de haut niveau, portée par un concept à fort potentiel de croissance.
L'idée écologique centrale consiste à acheminer des matériaux et de l'aide humanitaire dans des zones inaccessibles en raison de l'absence d'infrastructures ou en situation d'urgence. Si l'implantation d'une usine de production de dirigeable LCA60T à Laruscade en Gironde a suscité certaines oppositions, Jean Dionis attend avec sérénité le « passage des 'baleines volantes' dans le ciel agenais fin 2027 ».
Il conclut avec optimisme : « Des appareils dépourvus de nuisances sonores, que demander de mieux pour un aéroport ? ». Cette question résume bien l'enthousiasme local pour ce projet qui combine innovation technologique, développement économique et engagement environnemental.



