Les papeteries de Condat entament une nouvelle ère avec la Société de participation de la Braye
Après 119 ans d'histoire et cinq propriétaires successifs, les papeteries de Condat, situées au Lardin-Saint-Lazare en Dordogne, viennent de connaître un tournant décisif. Vendredi 27 février, le tribunal de commerce spécialisé de Bordeaux a en effet validé l'offre de reprise présentée par la Société de participation de la Braye (SPB). Cette décision marque le début d'une ambitieuse reconversion industrielle pour ce site autrefois considéré comme le plus gros employeur du département.
Un projet de long terme pour un site en redressement judiciaire
Placées en redressement judiciaire depuis octobre 2025, les papeteries de Condat trouvent ainsi un repreneur déterminé à insuffler une nouvelle dynamique. Olivier Huot, directeur général de SPB, se montre transparent sur les effets immédiats de cette reprise. « La reprise des papeteries de Condat s'inscrit dans une vision industrielle de long terme », déclare-t-il, tout en reconnaissant que l'offre retenue prévoit dans un premier temps le maintien de seulement 21 emplois sur les 200 actuels.
Pour mener à bien cette transformation, SPB a créé la filiale Condat Solutions. Le groupe compte appliquer en Périgord la même stratégie que celle déployée sur la friche ArjoWiggins de Bessé-sur-Braye, dans la Sarthe. « Nous engageons un programme d'investissements ambitieux afin de moderniser l'outil industriel et d'assurer le déploiement de nouvelles activités », précise Olivier Huot.
Le Biopark : un projet phare tourné vers l'économie circulaire
Le cœur de cette reconversion porte un nom : le « Biopark ». Ce projet s'inscrit résolument dans une dynamique d'économie circulaire décarbonée, contribuant à la souveraineté nationale. « Pour le site centenaire de Condat, cette décision marque le début d'une transformation profonde. Elle s'inscrit dans une dynamique tournée vers de nouveaux marchés porteurs », insiste SPB.
Le plan de transformation se déploie en plusieurs phases :
- La création d'une unité de recyclage d'aluminium décarboné, destinée notamment à l'industrie automobile, avec un investissement de 45 millions d'euros sur 30 à 36 mois.
- L'implantation d'une unité de production de nano cellulose, présentée comme un substitut bas carbone aux composants pétrochimiques pour les secteurs cosmétiques et adhésifs, pour un montant de 50 millions d'euros.
- L'aménagement d'un pôle énergétique d'environ 200 MW (50 millions d'euros).
- À plus long terme, le déploiement d'un cluster de supercalculateurs dédié au calcul intensif et à l'intelligence artificielle, pour un investissement de 400 millions d'euros partagé avec un opérateur de niveau national ou européen.
Un avenir incertain pour la ligne de production historique
Avant de se lancer pleinement dans ces nouvelles activités, une question cruciale demeure : quel avenir pour la ligne de production historique ? SPB, en partenariat avec le papetier Delfort, prévoit une phase d'étude de cinq mois pour évaluer la faisabilité du redémarrage de la ligne 8, dédiée à la fabrication de papier glassine pour étiquettes autoadhésives. Si cet audit n'était pas concluant, cela signifierait la fin définitive de la production de papier en Périgord, un symbole fort pour un site qui a employé jusqu'à 1 200 personnes à son apogée.
Objectif : 300 emplois directs sur le site
Malgré les réductions d'effectifs à court terme, la vision de SPB est résolument tournée vers la création d'emplois. Olivier Huot l'affirme : « Nous visons la création de 300 postes directs sur le site. Nous nous engageons à construire un modèle industriel à forte valeur ajoutée et créateur d'emplois sur le territoire périgourdin. » Un engagement qui vise à redonner à ce site emblématique de la Dordogne une place de choix dans le paysage industriel français, en le transformant en un pôle d'excellence tourné vers les matériaux biosourcés, l'énergie décarbonée et les infrastructures numériques.



