Le plus gros câble d'alimentation électrique de l'hypercentre de Bordeaux, qui provient de Floirac, est en cours de remplacement. Un chantier stratégique qui ne prendra fin qu'en 2028. Les grandes manœuvres électriques se poursuivent dans et autour de l'agglomération de Bordeaux. Il y a deux semaines, RTE (gestionnaire du réseau de transport d'électricité haute tension) et Enedis ont inauguré un nouveau poste source à Pompignac, en zone périurbaine sur la rive droite. Ce mardi 5 mai, c'est dans l'hypercentre que la politique de modernisation des équipements électriques se déroule.
Un chantier souterrain stratégique
Délégué RTE pour le Sud Ouest, Jérôme Rieu a présenté ce gros chantier en cours depuis plusieurs mois entre Floirac et le quartier de l'hôtel de Ville de Bordeaux. Peu spectaculaire car il se déroule en sous-sol, mais stratégique, car il s'agit de remplacer la ligne électrique de 225 000 volts qui dessert le centre de la ville, pour un équivalent de 100 000 habitants environ. Cette ligne enterrée provient de Floirac, elle court sur 6,5 km jusqu'à Bordeaux, via le pont Simone-Veil, le boulevard des Frères-Moga et les quais. En 2028, elle doit se substituer à l'actuelle ligne haute tension. La tête de cette ligne est logée au cœur du plus gros poste source de la cité, au bas de la rue de Grassi. C'est un bâtiment aveugle, un bloc de béton qui abrite divers équipements permettant le transport du courant haute tension et sa redistribution dans des voltages progressivement réduits (63 000 volts, puis 20 000, 15 000), jusqu'aux armoires électriques des rues et, in fine, chaque foyer en 220 volts. Particularité, c'est le seul poste source du centre de Bordeaux alimenté en 225 000 volts. Les autres postes sources de la ville sont en 63 000 volts.
Un triple défi
RTE et Enedis sont face à un triple défi : moderniser ces équipements (l'actuelle ligne Floirac-Bordeaux date de 2015), délivrer assez d'électricité alors que la population augmente et mettre en œuvre ce que Marianne Laigneau, présidente du directoire d'Enedis, appelle « la deuxième électrification de la France ». Soit l'accélération massive de l'électrification du pays, pour des raisons environnementales mais aussi de souveraineté économique.
Un chantier par étapes sans coupure
Le remplacement du câble Floirac-Bordeaux se fait par petits tronçons, pour limiter l'impact du chantier. L'opération impose en effet d'ouvrir la chaussée pour enterrer le nouveau câble. C'est en partie ce qui explique qu'elle soit étalée sur plusieurs années. Elle se fait par ailleurs sans coupure d'électricité. Le câble actuel ne sera débranché et retiré que lorsque le nouveau sera opérationnel dans deux ans. « L'agglomération de Bordeaux est marquée par une croissance de la population, des projets industriels qui vont arriver, ce qui entraîne une hausse des besoins d'électricité. Cela conduit à un programme d'investissement d'environ 650 millions d'euros sur les dix ans qui viennent. Le remplacement de cette liaison en fait partie, avec un câble de dernière technologie qui permet de fiabiliser et de donner des marges supplémentaires », ajoute Jérôme Rieu.



