Rochefort : Le débat sur les locations meublées de tourisme anime la campagne municipale
Dans le cadre de la série « Le Choix des abonnés », le journal Sud Ouest a interrogé les quatre candidats aux élections municipales de Rochefort sur une question cruciale : la ville compte-t-elle trop de locations de meublés de tourisme, notamment via des plateformes comme Airbnb ? Les réponses révèlent des visions profondément contrastées sur l'équilibre entre tourisme et logement.
Hervé Blanché (divers droite) : Défense d'un atout touristique essentiel
Le candidat de la liste Continuons ensemble adopte une position fermement défensive. « Aujourd'hui, Rochefort n'est pas un territoire tendu en matière de logements comme peut l'être au contraire La Rochelle », affirme-t-il. Il estime donc qu'« il n'y a aucune raison de légiférer » contre ces locations. Pour lui, « notre territoire très touristique a besoin de logements de ce style-là pour accueillir les curistes et les touristes ». Il met en garde : « Si on enlève les locations meublées, on perd des touristes ». Selon Hervé Blanché, un équilibre est déjà atteint et toute intervention réglementaire nécessiterait une justification « très forte ».
Anne-Catherine Godde (extrême gauche) : Dénonciation d'un problème structurel
La candidate de Lutte ouvrière, le camp des travailleurs porte une critique radicale. Elle souligne que « le logement est un bien essentiel mais qui subit la loi du marché, ce qui le rend inaccessible pour beaucoup de gens ». Pour elle, les locations saisonnières « s'ajoutent au manque de logements et font flamber les loyers et la spéculation ». Elle estime que les mesures ciblant Airbnb sont insuffisantes : « On tourne autour du pot en fait ; la réalité, c'est qu'il faut des constructions massives de logements sociaux ». Anne-Catherine Godde propose plutôt de « réquisitionner les logements vides », une mesure qu'elle présente comme plus efficace pour répondre à la crise du logement.
Romain Monroux (divers gauche) : Plaidoyer pour une régulation pragmatique
Le candidat de Rochefort collectif 2026 reconnaît une tradition locale : « On a quand même une coutume des logements meublés à Rochefort qui existe depuis longtemps ». Cependant, il constate une augmentation et propose une approche régulatrice. Il souhaite « réguler les plateformes numériques de location immobilière en limitant à 120 jours de location » par an. De plus, il exige que « les propriétaires déclarent cet usage en mairie pour avoir le numéro d'enregistrement », facilitant ainsi la collecte de la taxe de séjour. Enfin, il préconise de « favoriser la plateforme de l'office du tourisme qui propose déjà ce service », pour un contrôle plus local.
Fabrice Vergnier (divers gauche) : Appel à la vigilance et à l'équilibre
Le candidat de la liste Rochefort, l'avenir autrement adopte une position nuancée. Il relativise l'impact : « On ne peut pas dire que les Airbnb ont envahi tellement le paysage que ça devient un problème ». Selon lui, les proportions restent « très raisonnables », d'autant que ces logements servent « essentiellement aux curistes ». Il insiste sur leur importance économique : « On ne peut pas se passer de leur apport pour nos commerces, pour nos restaurants ». Toutefois, il appelle à la prudence : « Il faut essayer de garder cet équilibre, tout en n'empiétant pas sur le logement de longue durée ». Fabrice Vergnier promet d'être « vigilants à ce que tous les appartements en réhabilitation ne deviennent pas justement des Airbnb ».
Ce débat illustre les tensions entre développement touristique et accès au logement, un enjeu clé pour l'avenir de Rochefort. Les électeurs devront trancher entre ces approches divergentes lors du scrutin municipal.



