Le pétrolier Grinch quitte Marseille après une amende de plusieurs millions d'euros
Pétrolier Grinch libéré après amende à Marseille

Le pétrolier Grinch libéré après une amende colossale à Marseille

Le pétrolier Grinch, immobilisé depuis trois semaines dans le port de Marseille-Fos, a finalement obtenu l'autorisation de repartir après le paiement d'une amende de plusieurs millions d'euros. Les autorités françaises ont annoncé mardi que la société propriétaire du navire avait été condamnée par le tribunal judiciaire de Marseille dans le cadre d'une procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité.

Une amende pour défaut de pavillon

Le montant exact de cette amende n'a pas été dévoilé, mais il s'élève à plusieurs millions d'euros, selon le communiqué conjoint du parquet, de la préfecture des Bouches-du-Rhône et de la préfecture maritime de Méditerranée. Cette somme a été versée sur le compte de l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) pour avoir omis de justifier de la nationalité du navire, un défaut de pavillon.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réagi sur X en déclarant : "Contourner les sanctions européennes a un prix. La Russie ne financera plus impunément sa guerre via une flotte fantôme au large de nos côtes." Il a souligné l'importance de continuer cette lutte contre les navires suspects.

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Un navire aux identités multiples

Le Grinch, long de 249 mètres, est soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme russe qui permet à Moscou d'exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. Curieusement, il apparaît sous le nom de Grinch sur la liste des navires sanctionnés par le Royaume-Uni, mais sous le nom de Carl sur celles établies par l'Union européenne et les États-Unis.

La société propriétaire, identifiée comme Cube Ventures Shipping et enregistrée aux îles Marshall, figure sur la liste d'entités sanctionnées publiée par le département du Trésor américain en janvier 2025. Bien que le navire arbore un pavillon des Comores, les autorités n'ont pas précisé la nationalité exacte de la société propriétaire.

Une opération spectaculaire des commandos marine

L'immobilisation du Grinch résulte d'une opération héliportée menée par les commandos marine français le 22 janvier dernier. Le pétrolier avait été arraisonné dans les eaux internationales entre l'Espagne et l'Afrique du Nord, puis escorté jusqu'au golfe de Fos où il est arrivé deux jours plus tard.

Cette intervention s'inscrit dans une stratégie plus large de la France pour lutter contre la flotte fantôme russe. Le président Emmanuel Macron avait déjà exprimé sa volonté d'"accroître la pression sur la flotte fantôme parce que ça réduit clairement la capacité de la Russie à financer son effort de guerre" en Ukraine.

Un précédent avec le Boracay

L'opération contre le Grinch constitue la deuxième du genre menée par la France après l'interception du pétrolier Boracay fin septembre dernier. Ce dernier, également présent sur la liste des navires sanctionnés par l'Union européenne, avait été arraisonné par les commandos marine français dans l'Atlantique et détourné vers le port de Saint-Nazaire.

Selon les dernières informations, le Grinch se trouvait toujours au large de Fos-sur-Mer mardi midi, mais l'immobilisation a été levée et le navire "va quitter les eaux territoriales françaises", selon le parquet. La société propriétaire s'est engagée à obtenir un nouveau pavillon dans les meilleurs délais.

Cette affaire illustre l'engagement français dans la lutte contre le contournement des sanctions internationales. Au total, 598 navires soupçonnés de faire partie de la flotte fantôme font actuellement l'objet de sanctions de l'Union européenne, montrant l'ampleur du phénomène que les autorités tentent de combattre.

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