Patrimoine : pourquoi l'immobilier freine l'investissement en France
Patrimoine : l'immobilier freine l'investissement en France

La structure du patrimoine des ménages américains et français est très différente, et cette divergence explique en partie le retard de la France en matière de recherche-développement et de taille du secteur technologique.

Un poids immobilier élevé en France

Première différence majeure : le poids de la richesse immobilière. Aux États-Unis, elle représente 31 % du patrimoine total, contre 55 % en France. Cela s'explique par des coûts de construction et des prix immobiliers plus bas outre-Atlantique. Une part importante du patrimoine des ménages français étant immobilisée dans la pierre, leur capacité à investir dans les entreprises et les actifs productifs s'en trouve réduite.

Des actifs financiers plus conséquents aux États-Unis

Seconde différence : la taille des actifs financiers rapportée au PIB. En 2024, ils atteignent 237 % du PIB en France, contre 470 % aux États-Unis. Cette abondance favorise l'investissement américain, notamment dans les technologies et l'intelligence artificielle, grâce à une capitalisation boursière élevée.

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Structure de la richesse financière

En France, la richesse financière se compose essentiellement d'assurance-vie (31 %), d'actions et parts de fonds (31 %) et de dépôts (30 %). L'actif des assureurs est réparti entre actions (24 %), obligations d'entreprises (34 %), obligations publiques (24 %) et immobilier (6 %).

Aux États-Unis, les fonds de pension dominent (49 %), suivis des actions détenues en direct (14 %) et des dépôts (13 %). L'actif des fonds de pension comprend actions (32 %), dette (26 %) et fonds mutuels (24 %). Les ménages américains détiennent donc davantage d'actions et moins de dette publique que les Français, reflétant une aversion au risque plus faible.

Capital-risque : un avantage américain qui s'amenuise

Le capital-risque (venture capital) est traditionnellement plus abondant aux États-Unis. Entre 2022 et 2024, les fonds levés annuellement oscillaient entre 100 et 220 milliards de dollars, contre 22 à 37 milliards en Europe. Mais en 2025, ce montant a chuté à 66 milliards aux États-Unis, en raison de l'effondrement des introductions en Bourse (47 milliards en 2025 contre 156 milliards en 2021). En Europe, le capital-risque reste faible (12 milliards d'euros en 2025, dont 7 milliards en France), mais l'écart se réduit.

Conséquences sur l'investissement et la R&D

Le taux d'investissement des entreprises non financières est plus élevé aux États-Unis (14 % du PIB en 2025) qu'en France (11,2 %). De même, les dépenses en R&D des entreprises atteignent 2,7 % du PIB aux États-Unis contre 1,5 % en France. Ces différences s'expliquent en partie par la structure du patrimoine : moindre poids de l'immobilier, plus grande détention d'actions et abondance du capital-risque outre-Atlantique. Au total, la structure du patrimoine américain reflète une aversion au risque plus faible des ménages et des investisseurs.

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