La loi Jeanbrun réforme l'investissement locatif avec un nouveau régime d'amortissement
Loi Jeanbrun : un nouveau régime d'amortissement pour les bailleurs

La loi Jeanbrun : une révolution fiscale pour l'investissement locatif

Le poste de ministre du Logement, bien que souvent considéré comme moins prestigieux que d'autres portefeuilles gouvernementaux, offre une opportunité unique de marquer l'histoire législative. Vincent Jeanbrun, l'actuel titulaire du poste et élu du Val-de-Marne, s'inscrit dans cette tradition en donnant son nom à une nouvelle loi de relance de l'immobilier locatif. Cette mesure rompt avec les dispositifs précédents comme ceux de Méhaignerie, Scellier, Duflot ou Pinel.

Une innovation majeure : le régime d'amortissement

Contrairement aux anciens systèmes qui accordaient des réductions d'impôt basées sur le montant de l'investissement, la loi Jeanbrun réforme fondamentalement le statut de bailleur privé. Elle introduit un régime d'amortissement du bien immobilier, permettant au propriétaire de déduire un pourcentage du prix d'achat de ses revenus fonciers.

L'avantage est double et s'inscrit dans la durée. Si le montant amorti dépasse les revenus fonciers, un déficit peut être généré et imputé sur le revenu global de l'investisseur. Ce mécanisme est plafonné à 21 400 euros annuels jusqu'en 2027, puis à 10 700 euros par an. Ainsi, le bailleur ne paie plus d'impôt foncier sur les loyers perçus et réduit simultanément son revenu imposable, diminuant son impôt sur le revenu.

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Autre nouveauté significative : la suppression du zonage géographique. Désormais, l'investisseur peut bénéficier du dispositif quel que soit l'emplacement de son bien, offrant une flexibilité inédite.

Les conditions strictes d'éligibilité

Pour profiter de ce régime, quatre conditions principales doivent être remplies :

  • Date d'acquisition : le bien doit avoir été acheté à partir du 1er janvier 2026.
  • Type de bien : seuls les appartements neufs ou anciens nécessitant des travaux de rénovation représentant au moins 30 % du prix d'achat sont éligibles. Les maisons individuelles sont exclues.
  • Durée et usage de la location : le bien doit être loué nu pendant minimum neuf ans comme résidence principale à un locataire dont les ressources sont inférieures à un plafond défini.
  • Encadrement des loyers : les loyers doivent respecter des plafonds stricts. Le taux d'amortissement s'applique sur 80 % du prix d'achat et varie selon le niveau de loyer consenti.

Dans le neuf, les taux sont de 3,5 % par an (plafonné à 8 000 euros) pour un loyer intermédiaire (15 % sous le marché), 4,5 % (plafonné à 10 000 euros) pour un loyer social (30 % plus bas), et 5,5 % (plafonné à 12 000 euros) pour un loyer très social (45 % inférieur). Ces plafonds s'appliquent par foyer, non par logement. Dans l'ancien, les taux sont respectivement de 3 %, 3,5 % et 4 %.

Exemple concret et impact économique

Prenons l'exemple d'un particulier achetant un deux-pièces neuf de 45 m² à Lyon pour 220 000 euros. Avec un loyer intermédiaire, il pourra déduire annuellement 6 160 euros, soit 55 440 euros sur neuf ans. Imposé à la tranche marginale de 30 %, son économie d'impôt atteindra environ 16 630 euros sur la période, selon les estimations du site Trouver-un-logement-neuf.com.

Le contexte est crucial : depuis la fin du dispositif Pinel en 2024, le marché du neuf est en crise profonde. Les mises en chantier ont chuté de 175 700 logements en 2022 à moins de 100 000, avec une baisse de 55 % des investisseurs particuliers selon la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). Le gouvernement espère que la loi Jeanbrun stimulera la vente et la production de 50 000 logements locatifs supplémentaires en 2026.

Cible et comparaison avec d'autres dispositifs

Ce nouveau statut vise principalement les particuliers souhaitant constituer un patrimoine immobilier, notamment pour préparer leur retraite. Il se distingue des régimes existants comme le LMNP (loueur en meublé non professionnel), où l'amortissement est déjà utilisé mais sans contraintes de loyers.

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Une différence notable : depuis 2025, les amortissements en LMNP sont réintégrés dans le calcul des plus-values lors de la cession, augmentant potentiellement l'impôt dû. La loi Jeanbrun offre une alternative avec des avantages fiscaux spécifiques et un cadre régulé, répondant à la fois aux besoins des investisseurs et aux objectifs de politique du logement.