Marché immobilier en Béarn : entre crise du neuf et espoirs dans l'ancien
Immobilier en Béarn : crise du neuf, espoir dans l'ancien

Les traditionnelles conférences de l'immobilier organisées par les journaux du groupe Sud Ouest et Créa-Sud se tenaient ce mardi à la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) de Pau. L'événement a permis de prendre le pouls du marché local et d'analyser les préoccupations des professionnels du secteur.

Un amphithéâtre comble pour un rendez-vous incontournable

L'amphithéâtre de la CCI Pau Béarn affichait complet ce mardi matin pour les conférences de l'immobilier en Béarn. Ce rendez-vous traditionnel des professionnels, organisé chaque printemps par Sud Ouest, La République des Pyrénées et L'Éclair avec l'appui technique de Créa-Sud, a réuni de nombreuses institutions. Parmi elles, la chambre interdépartementale 64-40 des notaires, dont la présidente garlinoise, Anne-Christine Santraille, a souligné qu'il existe un intérêt à acheter pour se loger ou investir, malgré un certain attentisme des ménages. « L'immobilier ce n'est pas scientifique. Les freins résident dans la difficulté à obtenir les emprunts et le contexte géopolitique mondial ou national avec la présidentielle », a-t-elle déclaré.

Le marché du neuf en crise profonde

La première table ronde a mis en lumière l'impact de cet environnement sur le secteur. Pierre Lahillonne, président fondateur de PLH conseil, a rappelé la crise majeure que traversent les promoteurs aujourd'hui. « En France, on produit moins de la moitié de ce dont on aurait besoin. Le gouvernement annonce aujourd'hui 400 000 logements neufs par an. C'est une utopie totale », a-t-il affirmé. Arnaud Dunoyé, de Bouygues immobilier, représentant la Fédération des promoteurs immobiliers en Sud-Aquitaine, a confirmé cette tendance : « De 2016 au Covid, les promoteurs réalisaient 130 000 logements par an. L'an dernier, c'était 54 000 ». Il a également pointé du doigt la fin du dispositif Pinel, qui a fait chuter la part des investisseurs de 60 % à 15 % des acquéreurs. En conséquence, le nombre de biens à louer dans le neuf est en chute libre.

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L'ancien reprend des couleurs

Le marché de l'ancien se porte mieux, selon Bertrand Harry, directeur général de Square habitat, filiale de PG Immo et du Crédit agricole. Il a relevé que les taux d'intérêt sont désormais plus incitatifs à l'achat, notamment dans l'ancien. « Les taux des deux dernières années avoisinaient les 4 %. Aujourd'hui, on est plus à 3,2 %, c'est donc un angle favorable. Même si le contexte géopolitique et les risques d'inflation peuvent inquiéter », a-t-il expliqué. Bruno Birade, dirigeant de Cofim, a noté que « dans l'ancien, le marché respire à nouveau mais moins fort qu'avant. Quand il y a un bien au prix du marché, il part très vite ».

Des besoins spécifiques en logement à Pau

Les échanges de la deuxième table ronde ont démontré qu'il existe des besoins de logement de plus en plus importants et spécifiques à Pau et sa proche couronne. Isabelle Buron, directrice de l'habitat et de la rénovation urbaine à l'Agglo Pau Béarn, a préféré parler d'« une réponse qualitative et abordable » plutôt que de choc de l'offre, et réfléchir à « une offre en lien avec le vieillissement de la population ». Olivier Subra, directeur général de Pau Béarn Habitat, a indiqué que le Béarn compte actuellement 7 000 demandeurs d'un logement social, pour seulement 950 attributions par an. « On travaille avec les promoteurs privés, mais si l'on ne construit plus, on n'y arrivera pas, notamment face à la demande nombreuse de petits logements, T1, T2 », a-t-il déclaré.

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Le bail réel solidaire comme solution

L'une des solutions évoquées est le Bail réel solidaire, proposé notamment par le COL. Nelly Huger, responsable de l'agence paloise du bailleur social, a rappelé les avantages de ce dispositif qui permet de devenir propriétaire d'un logement à un tarif abordable, tout en payant une redevance mensuelle pour le terrain. « Une accession abordable », notamment pour des familles monoparentales en situation de décohabitation. Jérôme Pardon, co-gérant d'Axias habitat, a salué le fait que des personnes de moins de 30 ans puissent s'installer grâce aux prêts à taux zéro, et a observé qu'il faut toujours plus de petits logements adaptés aux modes de vie actuels, notamment au télétravail. Le supplément spécial immobilier Pyrénées Eco sera disponible dans l'édition Sud Ouest Béarn et Soule du vendredi.