Un projet immobilier historique au cœur de Château-d'Oléron
Lors de sa séance du 19 février dernier, le conseil communautaire a examiné une délibération cruciale concernant l'aménagement du Clos Sourbier, un vaste espace situé en plein centre-ville de Château-d'Oléron. Selon le maire Michel Parent, ce dossier « traîne depuis très longtemps » en raison de la complexité historique du site.
Une convention pour accompagner la construction de logements
Les élus ont étudié une convention d'accompagnement visant à lancer un appel à projets pour la réalisation d'environ vingt logements par an sur ce terrain. Acheté en 2021, le Clos Sourbier, reconnaissable à sa porte typique et son long mur, n'a jamais été bâti et pourrait receler d'importants vestiges archéologiques.
Le caractère historique du site représente le principal défi. En effet, le Clos Sourbier correspond à l'emplacement de l'ancien port de la commune, probablement le premier de l'île d'Oléron. Des fouilles archéologiques préventives, financées par le futur partenaire immobilier, devront être menées avant toute construction. Dans le plan de financement prévisionnel, une provision pour mission a été fixée à 21 825 euros.
Une riche histoire médiévale à préserver
L'historien Michel Garnier retrace l'évolution de ce site exceptionnel. Le Clos Sourbier, vaste enclos du quartier de la Plaine, est délimité par la rue de Verdun (ancienne rue des Jardins) et la rue du Clos-Sourbier (ancienne rue des Écoles). Après l'abandon des bassins du port antique, probablement avant le XVIe siècle, le jardin public est devenu le jardin du Gouvernement au XVIIe siècle.
Michel Garnier explique : « Il s'agit de jardins à la disposition de l'État-Major et du gouverneur de la citadelle, peut-être même entretenus par des soldats de la garnison. » Le site a ensuite accueilli les anciens abattoirs jusqu'à la fin du XIXe siècle, puis la première école publique de garçons.
La dépression du Clos Sourbier par rapport à la rue de Verdun indique l'ancien emplacement de l'un des deux bassins à flot du vieux port. « La courbe de la rue semble épouser la forme de ce bassin, séparé d'un second qui lui faisait suite au pied du prieuré saint James », précise l'historien.
Par ailleurs, le puits de la Plaine, situé sur la même voie et d'une haute antiquité, pourrait avoir servi aux mariniers. Le Clos Sourbier serait ainsi un site médiéval d'une grande importance historique. « Des fouilles préventives seraient opportunes », conclut Michel Garnier, soulignant que « des quais ou infrastructures portuaires pourraient également se trouver sous les constructions modernes actuelles ».
Un équilibre délicat entre développement et patrimoine
Ce projet immobilier illustre parfaitement les défis auxquels font face les collectivités locales lorsqu'elles souhaitent développer leur territoire tout en préservant leur patrimoine historique. La localisation en plein cœur de ville rend le Clos Sourbier particulièrement attractif pour l'investissement immobilier, mais sa valeur archéologique impose des précautions.
La convention examinée par le conseil communautaire vise donc à encadrer ce développement, en assurant que les fouilles nécessaires soient réalisées avant le lancement des travaux. Cette approche permet de concilier les besoins en logements de la commune avec la préservation d'un site chargé d'histoire.
Le Clos Sourbier représente ainsi un cas d'étude intéressant pour l'aménagement urbain dans les villes historiques, où chaque projet de construction peut révéler des trésors archéologiques insoupçonnés.



