Champcevinel : des riverains attaquent la mairie pour des permis de logements collectifs
Champcevinel : permis de logements collectifs attaqués en justice

Champcevinel : un lotissement en émoi face à des permis de logements collectifs

Les résidents du lotissement Jeanne-Barret, à Champcevinel en Dordogne, ont engagé une bataille juridique contre leur propre mairie. Ils ont saisi le tribunal administratif de Bordeaux pour faire annuler six permis de construire délivrés en mai 2025, autorisant la construction de logements collectifs sur des parcelles encore vacantes de leur îlot résidentiel. Cette action fait suite à la découverte surprise de ces autorisations, qui contredisent selon eux les promesses initiales du lotisseur.

Une découverte fortuite qui révèle un problème plus large

En juin 2025, l'un des riverains remarque une rubalise jaune sur une parcelle en face de chez lui. En enquêtant, les habitants découvrent qu'il ne s'agit pas d'un projet isolé, mais de six permis distincts délivrés par la commune pour des constructions collectives. « Nous pensions avoir fait notre nid dans un lotissement de maisons individuelles, selon le plan présenté à l'achat », explique un couple de résidents, déçu par cette révélation.

Les riverains se tournent alors vers le maire de Champcevinel, Christian Lecomte, qui les renvoie vers le service urbanisme du Grand Périgueux, responsable de l'instruction des dossiers. Face à cette réponse jugée insatisfaisante, vingt habitants décident de consulter Me Anne Bonis, avocate à Périgueux, qui dépose des recours auprès du tribunal administratif de Bordeaux.

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Des préoccupations sécuritaires et urbanistiques majeures

Me Bonis estime qu'il y a « une violation manifeste de l'Orientation d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme intercommunal ». Elle souligne également que le Service départemental d'incendie et de secours n'a pas été consulté lors de l'instruction des permis, ce qui pose question sur la sécurité des futurs occupants.

Les requérants mettent en avant plusieurs risques :

  • La voirie interne, d'une largeur de 3,50 mètres sur certaines parties en sens unique, n'est pas dimensionnée pour accueillir quatre véhicules par lot, comme le prévoient les projets de logements collectifs.
  • La circulation des véhicules pourrait devenir dangereuse avec l'augmentation du trafic.
  • La gestion des eaux pluviales pourrait être compromise par ces nouvelles constructions.

Des travaux déjà lancés malgré les recours

Les recours déposés n'étant pas suspensifs, la société A. S Construction a débuté en mars la construction d'une maison de plain-pied destinée à abriter deux logements distincts en location. Les riverains ont immédiatement déposé un recours en référé pour tenter d'obtenir la suspension des travaux.

Cette démarche exaspère le gérant de la société, Asil Servet, qui soupçonne les plaignants d'être hostiles « à l'idée d'avoir des locataires » dans le quartier. « Mon projet est loin d'être le plus imposant. J'irai jusqu'au bout, je suis dans mon droit », affirme-t-il, déterminé à poursuivre les chantiers.

Ni le lotisseur initial ni les titulaires des permis de construire concernés n'ont répondu aux sollicitations de la presse, laissant les résidents dans l'incertitude quant à l'avenir de leur cadre de vie. L'affaire est désormais entre les mains de la justice administrative, qui devra trancher sur la légalité de ces autorisations de construire.

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