Un vent de révolte souffle sur le patronat danois
La première ministre du Danemark, Mette Frederiksen, a lancé la campagne pour les élections législatives anticipées du 24 mars 2026, lors d'un meeting à Frederikssund le 28 février. Cette annonce a immédiatement provoqué une onde de choc dans les milieux économiques du royaume.
La promesse qui fâche le monde des affaires
À l'origine de cette tempête politique se trouve une promesse électorale audacieuse des sociaux-démocrates : le rétablissement de l'impôt sur la fortune, une mesure fiscale supprimée en 1997. Même Robert Maersk Uggla, le président-directeur général du géant maritime Maersk, plus grande compagnie du pays, est sorti de sa réserve habituelle pour exprimer sa vive opposition.
Ce mouvement d'humeur patronal s'est amplifié ces derniers jours, créant un climat tendu à quelques semaines du scrutin. Les chefs d'entreprise dénoncent une mesure qu'ils jugent punitive et néfaste pour la compétitivité économique du Danemark.
Le contexte politique tendu
Mette Frederiksen, première ministre depuis 2019 et cheffe de file des sociaux-démocrates, avait jusqu'à la fin octobre pour organiser des élections législatives. Profitant d'une embellie dans les sondages après la crise groenlandaise du début d'année, elle a décidé le jeudi 26 février de convoquer des élections anticipées pour le 24 mars.
Cette décision stratégique intervient dans un contexte politique particulièrement concurrentiel. Le Parti populaire socialiste, formation de gauche, a en effet remporté la mairie de Copenhague en novembre 2025 après être arrivé en tête des élections européennes de 2024, menaçant ainsi l'hégémonie des sociaux-démocrates sur leur propre terrain.
Une proposition fiscale précise et ambitieuse
Pour marquer les esprits et répondre à cette concurrence sur sa gauche, Mette Frederiksen a frappé un grand coup en annonçant que son parti comptait imposer les grandes fortunes à hauteur de 5%. Ce taux s'appliquerait aux patrimoines supérieurs à 25 millions de couronnes danoises, soit environ 2,3 millions d'euros.
Cette proposition représente un tournant majeur dans la politique fiscale danoise et constitue l'un des enjeux centraux de la campagne électorale qui s'ouvre. Elle cristallise les tensions entre vision sociale et intérêts économiques, promettant des débats animés dans les semaines à venir.



