La Cour des comptes alerte sur les finances publiques avant l'arrivée d'Amélie de Montchalin
Finances publiques : la Cour des comptes tire la sonnette d'alarme

Un rapport sévère de la Cour des comptes sur les finances publiques

Amélie de Montchalin, dont la nomination à la tête de la Cour des comptes est imminente, hérite d'un bilan préoccupant. Les Sages de la rue Cambon ont publié ce jeudi 19 février un rapport alarmant sur la situation des finances publiques, soulignant des progrès insuffisants et des risques persistants.

Une réduction du déficit trop modeste

Premier point noir : le déficit public a certes reculé, passant de 5,8 % du produit intérieur brut en 2024 à 5,4 % en 2025 après deux années de dérapage. Cependant, cette amélioration reste limitée. La Cour des comptes note que l'effort réalisé en 2025 pourrait ne représenter que moins de la moitié de l'objectif initial fixé à l'automne 2024. Ce retard reporte sur les prochaines années les ajustements nécessaires à la stabilisation du ratio de dette publique.

La réduction du déficit s'est principalement appuyée sur une hausse des impôts, estimée à environ 23 milliards d'euros, via la surtaxe sur les grandes entreprises et la contribution sur les hauts revenus. Ces dispositifs, annoncés comme temporaires, sont maintenus en 2026. Parallèlement, les dépenses publiques ont continué à augmenter, tirées par la sphère sociale (+2,2 %) et le remboursement de la dette, qui s'élève désormais à 65 milliards d'euros. Hors charge de la dette, la dépense publique a progressé de 1,3 % en volume, dépassant la croissance économique.

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Une dette publique en hausse constante

Conséquence de cette année décevante, la France affichait en 2025 le déficit public le plus élevé de la zone euro. Plus inquiétant, la dette publique a continué à croître, devant atteindre 116,3 % du PIB, un niveau supérieur à celui de 2020. La Cour des comptes souligne que la France se classe parmi les pays les plus endettés de la zone euro, juste derrière la Grèce et l'Italie, avec des taux d'emprunt à 10 ans désormais équivalents.

Des objectifs incertains pour 2026

La Cour des comptes insiste sur l'urgence d'agir en 2026. Le relâchement de la cible de déficit en 2025 a reporté une grande partie des efforts initialement prévus. Atteindre la nouvelle cible de 5,0 % du PIB en 2026 est indispensable, tout en accentuant les efforts les années suivantes pour stabiliser le ratio de dette publique d'ici la fin de la décennie.

Cependant, les Sages estiment que la réalisation de cet objectif reste incertaine. Des risques importants persistent, tant en recettes, avec des adaptations possibles des comportements fiscaux pour la surtaxe de l'IS et une inflation plus faible que prévu, qu'en dépenses, notamment sur les dépenses de santé en l'absence de réformes structurelles et les économies prévues sur les dépenses de l'État.

Même si l'objectif de 2026 était atteint, la dette continuerait à croître, atteignant 118,6 % du PIB. Le seul point positif réside dans une répartition un peu plus équilibrée entre hausses d'impôts et baisses des dépenses par rapport aux précédents exercices.

Un appel urgent à l'action

La Cour des comptes lance un avertissement clair : il est urgent de ne plus procrastiner. Même avec un effort ambitieux et soutenu de réduction du déficit public de 0,6 point par an à partir de 2027, conforme aux engagements européens, le retard accumulé ne permettrait de revenir qu'en 2035 au niveau de 2025. Tout report supplémentaire exposerait à une hausse des taux d'intérêt, compliquant davantage l'ajustement nécessaire.

La question reste ouverte : nos gouvernants sauront-ils enfin entendre cet appel à l'action ?

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