Fonderie NDC Foundry : une vente cruciale menacée par un différend immobilier
Dans une situation critique, la fonderie NDC Foundry, spécialisée dans un savoir-faire unique en France, est en redressement judiciaire depuis juin 2025. Alors qu'un repreneur potentiel, le groupe Carlesimo, s'est manifesté, la vente est actuellement bloquée en raison d'un litige concernant une parcelle de terrain. Ce vendredi 10 avril, les 75 salariés de l'entreprise ont observé une grève pour protester contre cette impasse qui menace leur avenir.
Une mobilisation inhabituelle devant la mairie de Rochefort
Les employés de NDC Foundry, dont aucun n'est syndiqué, se sont rassemblés devant la mairie de Rochefort. Sans banderole ni slogan revendicatif, leur action était pourtant déterminée. Avant de débrayer, ils ont même pris soin d'assurer les expéditions, témoignant de leur attachement à l'entreprise. Occupant la place Colbert, ils ont voulu rendre visible la question de l'avenir de leur usine, en redressement depuis plusieurs mois.
Le groupe Carlesimo, repreneur potentiel
Fin 2025, le tribunal de commerce de La Rochelle avait accordé une période d'observation supplémentaire de six mois, offrant un répit pour trouver un repreneur. Le PDG de NDC Foundry, Hugues Goulesque, également président de la holding Dimindis qui loue les bâtiments et terrains à l'usine, cherche à vendre depuis 2023. Le groupe Carlesimo, basé à Saint-Étienne et spécialisé dans le rachat d'entreprises industrielles en difficulté, s'est positionné. Cette holding a déjà acquis six fonderies françaises, et son offre, bien qu'entraînant la suppression d'une vingtaine de postes, était perçue comme une bonne nouvelle pour les salariés.
Le blocage : une parcelle de 4 000 m² en cause
Malheureusement, un obstacle inattendu est apparu. Carlesimo a fait une offre sur la globalité des bâtiments et terrains, mais il s'avère qu'une parcelle de 4 000 m², située à l'entrée de l'usine, n'est pas incluse dans le bail entre Dimindis et NDC Foundry. Édouard Dumontet, secrétaire adjoint du CSE, explique que cette découverte récente bloque la vente. Les salariés, excédés, ont déclenché la grève pour éviter une liquidation pour cette simple parcelle.
Un conflit entre vendeur et acheteur
Chaque partie campe sur ses positions. Carlesimo refuse de payer un supplément pour cette parcelle, tandis que Hugues Goulesque insiste pour soit la conserver, soit la vendre en plus du reste, avec une estimation à 500 000 euros. Les salariés critiquent vivement cette attitude, surnommant leur patron Picsou et rappelant les aides publiques perçues, comme 600 000 euros en 2021 pour un four à induction non installé. Pour gagner encore de l'argent, notre patron est prêt à sacrifier sa propre usine, déplorent-ils.
Les enjeux techniques de la parcelle
Cette parcelle n'est pas anodine. Bien que non exploitée, elle abrite des installations cruciales : paratonnerre, conduites, compresseurs enclavés et arrivées électriques. À proximité se trouvent une centrale à acétylène et une centrale à oxygène. Si elle était exclue de la vente, le repreneur devrait déplacer ces équipements, engendrant des coûts supplémentaires importants, en plus des investissements nécessaires pour moderniser l'outil industriel et se conformer aux normes environnementales. Voilà pourquoi Carlesimo ne veut rien céder.
Appel aux autorités locales
Face à cette impasse, les ouvriers se sentent impuissants. Pour éviter la liquidation, ils ont sollicité l'intervention des autorités locales. Une délégation a été reçue ce vendredi par des représentants de la Préfecture, de l'Agglo et de la Ville de Rochefort, tandis qu'un autre rendez-vous est prévu lundi 13 avril avec le maire et le préfet. Sylvie Marcilly, vice-présidente de l'Agglo, a exprimé son soutien aux salariés, soulignant l'unicité de l'usine en France et s'engageant à jouer les intermédiaires pour assurer son avenir. On n'est pas tout seuls, ensemble on va y arriver, a déclaré Julien Hechinger, secrétaire du CSE, appelant ses collègues à reprendre le travail dès lundi.



