Stellantis arrête la production automobile à Poissy après 2028 : reconversion et tensions sociales
Stellantis stoppe la production auto à Poissy après 2028

Stellantis met fin à la production automobile à Poissy après 2028

Le groupe automobile Stellantis a annoncé ce jeudi 16 avril 2026 qu'il allait cesser définitivement la production de véhicules sur son site historique de Poissy dans les Yvelines après l'année 2028. Cette décision marque la fin d'une ère industrielle pour cette usine emblématique née en 1938, qui deviendra progressivement un centre spécialisé dans la fabrication de pièces automobiles et la déconstruction de véhicules.

Une reconversion industrielle avec 100 millions d'euros d'investissement

Stellantis prévoit d'investir 100 millions d'euros pour transformer le site de Poissy en un pôle industriel tourné vers l'économie circulaire. La production automobile se poursuivra jusqu'à fin 2028, puis le site intégrera quatre nouvelles activités pleinement opérationnelles d'ici 2030 :

  • La production de pièces automobiles
  • La valorisation de pièces dans une logique d'économie circulaire
  • La préparation et transformation de véhicules
  • L'impression 3D de pièces pour petites séries

Poissy restera le siège du constructeur avec un centre de recherche et développement et un "green campus" regroupant 8 000 personnes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Impact sur l'emploi : 1 000 postes conservés sur 1 500

Stellantis assure vouloir conserver 1 000 postes ouvriers sur les 1 500 actuels après la reconversion. Le groupe précise que les réductions d'effectifs s'effectueront par des départs naturels ou volontaires, compte tenu de la pyramide des âges. "À horizon 2030, avec les départs naturels, dont les mesures d'âge, le site comptera autour de 1 200 ouvriers actifs", explique le constructeur, ce qui correspond bien à 1 000 postes car "dans l'industrie, il faut environ 1,2 personne pour tenir un poste".

Actuellement, l'usine compte 1 925 ouvriers "sur le papier", mais seulement 1 580 personnes travaillent réellement sur le site, compte tenu des absences pour formation, congés ou maladie.

La réaction syndicale : SUD dénonce une "saignée"

Le syndicat SUD a vivement réagi à cette annonce, qualifiant la décision de "saignée au niveau emploi". Jean-Pierre Mercier, délégué syndical SUD, a déclaré : "On est très loin du compte des 2 000 salariés sur le site de Poissy". L'organisation syndicale appelle les salariés du site et de tous les équipementiers à faire grève le 23 avril "pour imposer à la direction des garanties pour que tous les travailleurs continuent à pouvoir faire vivre leurs familles après la dernière voiture produite".

"C'est une course contre la montre pour faire plier la direction [...] On ne veut pas crever avec la fin de la voiture à Poissy", a affirmé Jean-Pierre Mercier.

Contexte industriel difficile pour l'automobile française

Cette décision s'inscrit dans le recul continu de l'emploi automobile en France depuis deux décennies, sous l'effet des délocalisations, de la transition vers l'électrique et de la concurrence chinoise. Le site de Poissy était en sursis depuis octobre 2025 et l'annulation par Stellantis du projet de DS3 électrique sans attribuer de nouveau modèle à l'usine.

En 2025, des rapports internes montraient un taux d'utilisation de la capacité de seulement 58%. À son apogée vers 1976, le site de Poissy a employé jusqu'à 27 000 personnes. Aujourd'hui, Stellantis garde en France quatre usines de production d'automobiles sur 42 dans le monde : Mulhouse, Sochaux, Rennes et Hordain pour les véhicules utilitaires.

L'arrêt de la production automobile à Poissy vient clore une série noire pour les grandes usines automobiles franciliennes, après la fermeture des usines Renault de Boulogne-Billancourt en 1992 et de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois en 2014. À Flins, l'usine Renault a cessé la production automobile en 2024 pour se reconvertir dans le reconditionnement.

Selon l'Insee, la filière automobile française a perdu un tiers de ses effectifs en 20 ans, passant de 425 500 emplois en 2010 à 286 800 en 2023.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale