Salariés d'EDF en justice pour connaître les salaires des dirigeants
Salariés d'EDF en justice pour salaires des dirigeants

Une centaine de salariés d'EDF ont engagé une action en justice devant le tribunal de grande instance de Paris pour contraindre l'entreprise à révéler les rémunérations de ses plus hauts dirigeants. Cette démarche, inédite en France, s'appuie sur la loi Sapin II relative à la transparence de la vie économique.

Une action fondée sur la loi Sapin II

Les plaignants, soutenus par le syndicat CGT, invoquent l'article 17 de la loi du 9 décembre 2016, qui oblige les entreprises de plus de 500 salariés à publier les rémunérations de leurs dirigeants. Selon Me Sarah Masson, avocate des salariés, « EDF n'a jamais respecté cette obligation, malgré plusieurs relances ». La loi prévoit que les informations doivent être rendues publiques chaque année, mais EDF se contente de publier des données agrégées, sans détail par dirigeant.

Des rémunérations jugées excessives

Les salariés pointent du doigt les écarts de rémunération. En 2025, la rémunération totale du PDG d'EDF, Luc Rémont, s'élevait à 1,2 million d'euros, selon le document de référence. Cependant, les plaignants estiment que ce chiffre est sous-estimé car il n'inclut pas les stock-options et autres avantages. « Nous voulons savoir combien ils gagnent vraiment, surtout quand on nous demande des efforts sur les salaires », déclare Jean-Pierre Dubois, délégué syndical CGT.

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Un contexte de tensions sociales

Cette action en justice intervient alors que les négociations salariales annuelles sont tendues. La direction propose une augmentation moyenne de 2,5 %, jugée insuffisante par les syndicats face à l'inflation. En 2025, le salaire moyen chez EDF était de 45 000 euros, contre un salaire médian de 38 000 euros. Les salariés dénoncent un « deux poids, deux mesures » entre la base et la direction.

Une procédure qui pourrait faire jurisprudence

Le tribunal doit se prononcer dans les prochains mois. Si la demande est acceptée, EDF devra publier les rémunérations individuelles de ses dirigeants, y compris les bonus et avantages en nature. Me Masson précise : « Cette affaire pourrait inciter d'autres grandes entreprises à se mettre en conformité. » De son côté, EDF indique respecter la loi et publier les informations requises dans son rapport annuel. L'entreprise n'a pas souhaité commenter l'action en justice.

Un précédent aux États-Unis

Aux États-Unis, des actions similaires ont abouti à une plus grande transparence. Depuis 2010, la loi Dodd-Frank impose aux entreprises cotées de publier le ratio entre la rémunération du PDG et celle du salarié médian. En France, une telle obligation n'existe pas, mais des voix s'élèvent pour l'instaurer. Selon un sondage Ifop de 2025, 78 % des Français sont favorables à un encadrement des rémunérations des dirigeants.

Les prochaines étapes

L'audience est fixée au 15 septembre 2026. Les salariés espèrent une décision rapide pour faire la lumière sur ces rémunérations. En attendant, ils continuent de mobiliser leurs collègues. « Nous ne lâcherons rien », conclut Jean-Pierre Dubois.

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