Blocage du péage du Capitou : les routiers en détresse face à l'explosion du prix du gazole
Routiers bloquent le Capitou : urgence face au gazole cher

Les routiers en colère bloquent le péage du Capitou pour réclamer de l'aide

Ce mercredi matin, une cinquantaine de camions ont paralysé le péage du Capitou sur l'autoroute A8, à Fréjus. Cette action de blocage, organisée par l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE), vise à alerter les pouvoirs publics sur la situation catastrophique que traverse le secteur du transport routier français.

Une concurrence déloyale et des trésoreries exsangues

Les transporteurs français dénoncent une concurrence déloyale de la part de leurs homologues européens. « En Italie ou en Espagne, le prix du litre de gazole est bloqué autour de 1,50 euro. En France, il dépasse les 2,20 euros », explique un routier présent sur les lieux. Cette disparité de prix, combinée à la pratique du cabotage par les transporteurs étrangers, met en péril la compétitivité des entreprises françaises.

Frédéric Ducournau, président de l'OTRE pour la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, alerte sur l'impact financier : « Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le surcoût dû à la hausse du gazole s'élève à 650 000 euros pour mon entreprise ». Un chiffre qui illustre l'ampleur de la crise pour un secteur composé à 80% de PME et TPE aux trésoreries fragiles.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des petites entreprises au bord du gouffre

Gino Asciutto, gérant de la société Transports STA à Grasse, témoigne de la détresse des petits patrons : « Avec seulement trois camions-bennes, la hausse du gazole m'a déjà coûté 10 000 euros supplémentaires en un mois. Un surcoût que je ne peux pas répercuter sur mes clients ». Pour cet entrepreneur de 25 ans d'expérience, cette crise est plus grave que celles du Covid ou de la guerre en Ukraine.

Hervé Rastègue, à la tête de l'entreprise familiale Transport Rastègue spécialisée dans le transport de vin, s'inquiète également : « J'ai déjà dû réduire ma flotte de 14 à 12 véhicules à cause de la crise du vin. Et maintenant, on subit 65 centimes de hausse par litre de gazole ! ».

Le transport touristique également touché

La crise n'épargne pas le secteur du transport touristique. Valentin et Haf, chauffeurs pour Azur Pullman Voyages, présents sur le barrage, expliquent : « Pour nous, il est impossible de faire payer nos clients car les contrats ont été signés bien en amont. Les voyages que l'on effectue ne rapportent plus rien à l'entreprise ».

Une aide urgente réclamée à l'État

Les transporteurs réclament une intervention rapide du gouvernement. Frédéric Ducournau précise leurs attentes : « Ce qu'on veut, c'est qu'on nous accorde une aide pour chacun de nos véhicules, sans exception, comme ce qui avait été fait en 2022 ». Les mesures demandées incluent :

  • Une aide directe par véhicule
  • Des reports de charges sociales
  • Une action significative sur le prix du gazole
  • Une uniformisation des règles au niveau européen

Une nouvelle action déjà prévue

Les négociations avec le gouvernement semblent au point mort. « Une nouvelle action sera très probablement organisée la semaine prochaine », annonce Frédéric Ducournau. Signe que la colère des routiers ne faiblit pas face à ce qu'ils considèrent comme l'inaction des pouvoirs publics.

Gino Asciutto résume la situation avec un proverbe inquiétant : « Quand les gros maigrissent, les maigres meurent ». Une formule qui illustre la crainte de voir disparaître les petites entreprises de transport routier françaises si aucune aide n'est rapidement mise en place.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale