Ramsay Santé en difficulté : l'actionnaire majoritaire redistribue ses parts face aux défis du système de santé
Ramsay Santé : actionnaire redistribue ses parts, système de santé critiqué

Ramsay Santé confronté à des défis financiers majeurs

Le groupe australien Ramsay Santé, leader français des cliniques privées avec une participation de 53 %, traverse une période de turbulences financières significatives. Son actionnaire majoritaire a annoncé sa décision de redistribuer son portefeuille d'actions à ses propres actionnaires, un mouvement qui intervient dans un contexte de difficultés économiques persistantes pour l'opérateur de santé.

Un manque de visibilité dans le système de santé français

Nicolas Bobet, directeur du territoire Sud du groupe qui supervise treize établissements, 5 000 salariés et génère 800 millions d'euros de chiffre d'affaires, pointe du doigt les lacunes structurelles du système de santé en France. « Nous subissons deux exercices consécutifs de perte », révèle-t-il, attribuant cette situation à un « manque d'efficience et de réactivité dans nos territoires et nos organisations administratives ».

Loig de s'opposer au secteur public, M. Bobet constate une crise plus profonde : « Les hôpitaux sont en déficit, le système de santé est sous-financé. Sans réforme, je suis assez pessimiste pour sa pérennité, alors que nous assurons des missions de service public ». Il profite des élections municipales pour interpeller les élus, notant que « partout, les maires ont compris l'importance des enjeux de la santé, mais on ne leur donne pas les compétences suffisantes pour agir ».

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Appel à des réformes urgentes et à de nouveaux modèles de financement

Face à cette situation, le directeur de Ramsay Santé dans le sud de la France propose plusieurs pistes de réflexion :

  • Imaginer de nouveaux modèles de financement innovants.
  • Améliorer le partage des activités entre les établissements, comme cela se pratique déjà au Pays basque.
  • Décorréler les missions des Agences Régionales de Santé (ARS), qui cumulent les rôles de régulateur et de gestionnaire des établissements publics.

« La régulation est nécessaire, mais les ARS ne peuvent pas être juge et partie. Le régulateur devrait mandater un gestionnaire pour les hôpitaux, comme c'est le cas en Suède. On a besoin de visibilité sur les tarifs que l'on peut pratiquer », insiste Nicolas Bobet.

Le vieillissement de la population et les inégalités territoriales

Le directeur tire également la sonnette d'alarme concernant l'augmentation des besoins de santé liée au vieillissement démographique. « La santé est la première préoccupation des Français, avec un nombre de plus en plus élevé de seniors. Cela nécessite une prise en charge innovante qu'il faut pouvoir financer, sous peine de creuser le fossé entre les territoires », explique-t-il.

Il observe que « le littoral est mieux doté que l'intérieur des terres, c'est vrai au Pays basque, dans les Landes ou en Charente-Maritime où nous sommes implantés ». Malgré des investissements de plus de 170 millions d'euros en Nouvelle-Aquitaine au cours de la dernière décennie, Ramsay Santé cherche aujourd'hui son second souffle.

Investissements et projets en suspens

Guillaume Mainhaguiet, directeur du pôle Sud Aquitaine, renchérit : « Face aux défis qui nous attendent, il faut que ça bouge. En oncogénétique, on est en avance, mais on n'est pas aidé ». Pourtant, le groupe ne manque pas de projets ambitieux dans le sud-ouest :

  1. Inauguration prochaine des travaux réalisés au CERS de Capbreton.
  2. Projets de robotique et de médecine nucléaire en gestation à La Rochelle, Bayonne et Biarritz.
  3. Construction d'une nouvelle salle de bloc opératoire à Dax.

Nicolas Bobet évoque également la « grande transmission » des baby-boomers, avec 9 000 milliards d'euros qui seront transmis à leurs héritiers d'ici quinze ans. « Pourquoi ne pas en flécher une partie sur la santé ? », interroge-t-il, suggérant une piste de financement alternative pour soutenir le secteur.

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Dans ce contexte, Predica, filiale du Crédit Agricole, maintient sa participation de 47 % dans Ramsay Santé, tandis que l'actionnaire majoritaire procède à la redistribution de ses parts. L'avenir du groupe et de ses cliniques à Bayonne, Biarritz, Dax et La Rochelle dépendra largement des réformes structurelles appelées de leurs vœux par ses dirigeants.