Le gouvernement face à la colère des secteurs clés
Devant la colère grandissante des agriculteurs et des transporteurs, le gouvernement a laissé entendre lundi que les aides gouvernementales destinées à compenser la flambée des prix des carburants pourraient être prolongées au-delà du mois d'avril. Cette annonce n'a cependant pas suffi à calmer les transporteurs, déterminés à maintenir leur mobilisation tout au long de la semaine.
Mobilisations et aides spécifiques
En Charente-Maritime, des opérations escargots sont attendues ce mardi 31 mars sur les rocades de La Rochelle et de Saintes, ainsi que sur l'autoroute A10. Pour les entreprises de transport en difficulté, une aide de 50 millions d'euros est prévue pour le mois d'avril, ce qui équivaut approximativement à une compensation de 20 centimes d'euro par litre de carburant.
Les agriculteurs bénéficieront quant à eux, toujours en avril, d'une exonération du droit d'accise sur le gazole non routier utilisé dans les tracteurs. Cette mesure, dont le coût est estimé à environ 14 millions d'euros, se traduira par une baisse de « quatre centimes d'euro par litre », selon une source gouvernementale.
Limites et déclarations politiques
Le ministre Sébastien Lecornu s'est déclaré « prêt à aller plus loin si la guerre devait se poursuivre », faisant référence au conflit au Moyen-Orient qui perturbe les marchés. Toutefois, l'exécutif n'envisage pas, pour le moment, de baisser les taxes sur les carburants, lesquelles représentent entre 50 et 55 % du prix final à la pompe.
Mesures sociales et économiques élargies
Extension du chèque énergie
Le gouvernement a également identifié 700 000 foyers bénéficiaires supplémentaires pour le chèque énergie. D'un montant moyen de 150 euros, cette aide destinée aux ménages les plus modestes pour payer leurs factures d'électricité, de gaz ou de fioul sera distribuée à partir du 1er mai. Jusqu'à présent, 3,8 millions de foyers recevaient automatiquement ce dispositif.
Chômage partiel et contexte international
Pour répondre aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a annoncé lundi la prise en charge par l'État des mesures de chômage partiel, pour un montant d'environ 70 millions d'euros. Sur France Info, le ministre a précisé être prêt « à mettre en place des mesures de chômage partiel pour soulager les entreprises qui ont une baisse d'activité », tout en notant que pour le moment, « l'activité ne tient pas trop mal ».
Par ailleurs, le G7 des ministres des Finances et de l'Énergie s'est dit lundi disposé à « prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la stabilité du marché de l'énergie, fortement secoué par le conflit. Celui-ci a entraîné la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par où transite habituellement un cinquième de la production mondiale de pétrole.
Cette situation a provoqué une flambée des prix des hydrocarbures et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement. Les deux références mondiales du pétrole, le Brent et le WTI (West Texas Intermediate), évoluaient lundi au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars le baril.



