La flambée du prix du gasoil frappe de plein fouet une entreprise de transport aveyronnaise
La guerre au Proche-Orient, déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, provoque une hausse spectaculaire des carburants dans les stations-service. Cette situation impacte non seulement les particuliers, mais aussi les professionnels, comme l'illustre le cas des Transports Galtier, basés à Lauras en Aveyron.
Une structure familiale aux multiples activités
Dirigée par Patrick Galtier, directeur général, et son fils David Galtier, directeur adjoint, l'entreprise comprend trois entités au sein d'une holding. Les Transports Galtier assurent le gros et le demi-gros sur le territoire national et à l'international. Galtier Distribution (Galdis) distribue des produits frais et surgelés sur l'Aveyron et la Lozère, tandis que Galgel stocke ces produits et prépare les commandes.
Le chiffre d'affaires de la holding atteint 27 millions d'euros avec 160 salariés. La flotte compte 55 semi-remorques et 16 camions de livraison. Le siège se trouve à Lauras, avec des bâtiments à Olemps et Sainte-Radegonde, totalisant 15 000 m² d'entrepôts.
Un impact financier colossal
« Au niveau gas-oil, on consomme sept citernes de 37 000 litres, soit 259 000 litres par mois, c'est-à-dire 3 110 000 litres par an », explique Patrick Galtier. « En mars 2025, on était à 1,29 € HT le litre. Jeudi 26 mars, on en a rentré à 1,75 €. Cela fait 35 % d'augmentation sur un an. Depuis mardi 24 mars, on a un léger fléchissement. »
L'entreprise travaille avec une douzaine de fournisseurs et effectue elle-même le transport depuis les raffineries de Frontignan, Port-la-Nouvelle et Fos-sur-Mer. Aujourd'hui, l'impact financier global avoisine les 100 000 € par mois.
Un mécanisme légal de répercussion
Depuis 2006, une loi promulguée par Ségolène Royal oblige les entreprises de transport à répercuter la hausse du carburant sur leurs tarifs via un « pied de facture carburant ». Cet indice national professionnel, communiqué par le Comité national routier, permet aux transporteurs de ne pas subir directement la hausse.
« Le seul impact, c'est le financement des 100 000 € où on va attendre un mois pour les facturer aux clients. Cela impacte notre trésorerie », précise Patrick Galtier.
Mobilisation et tensions sectorielles
L'Organisation des transporteurs européens (OTRE) annonce vouloir passer à l'action « face à l'inaction du gouvernement ». L'OTRE Aveyron appelle à une mobilisation des transporteurs routiers le 31 mars, envisageant toutes les formes d'action.
Patrick Galtier, également vice-président de l'OTRE Aveyron, exprime sa solidarité avec ses confrères : « Il y a des gros clients qui ne jouent pas le jeu, surtout dans le commerce de bois. Donc là, l'État ne joue pas son rôle. La DGCCRF devrait aller voir les chargeurs. »
La transition énergétique en question
Quid des camions électriques ? « Le camion électrique existe, mais il n'est pas encore complètement performant », expliquent Patrick et David Galtier. Ils soulignent les limites actuelles :
- Autonomie réduite à 300 km en terrain vallonné, contre 500 km sur plat
- 8 heures de recharge nécessaires
- Coût trois fois plus élevé qu'un camion normal (350 000 €)
- Super chargeurs à 120 000 € pièce
- Réduction de la charge utile due aux batteries
« Pour l'instant, la case inconvénients est bien remplie. Dans le futur, on restera sur trois types d'énergie : le gas-oil, le gaz pour les villes et l'électrique », concluent-ils.
Malgré ces défis, les clients des Transports Galtier continuent à leur confier de la marchandise, témoignant de la résilience de cette entreprise familiale face aux turbulences économiques.



