Une concurrence jugée déloyale pour l'hôtellerie
L'organisation professionnelle de l'Umih Gard dénonce depuis plusieurs années l'explosion des locations de type Airbnb à Nîmes, qu'elle considère comme une concurrence déloyale face à l'hôtellerie traditionnelle. Lors de la dernière feria, des hôtels du centre-ville n'ont pas affiché complet le vendredi et le dimanche, un fait autrefois rare pour un tel événement. Selon Frédéric Sanchez, secrétaire général de l'Umih 30, cette situation dure depuis quatre ans.
Des chiffres alarmants
En 2019, 900 logements étaient enregistrés sur les plateformes. En 2025, ce nombre est passé à 3 400 logements, soit l'équivalent de 6 800 chambres, alors que la capacité hôtelière de la ville n'est que de 2 400 chambres. Parmi ces logements, 1 100 appartiennent à 200 personnes, le plus gros propriétaire en détenant 19. Ces petites surfaces, souvent retirées du marché locatif traditionnel, privent les étudiants et jeunes salariés de logements abordables.
La position de la nouvelle municipalité
Pierre Jaumain, adjoint à l'urbanisme, affirme que Nîmes doit rester une ville habitée et non un musée. Il envisage d'abaisser le plafond de location de 120 à 90 jours par an, comme dans d'autres grandes villes. Il évoque également la nécessité de renforcer les contrôles et de réfléchir à une compensation pour les résidences secondaires transformées en meublés touristiques.
Des pistes concrètes
La municipalité travaille en concertation avec les professionnels du tourisme. Parmi les pistes envisagées : l'abaissement du nombre de jours de location, un meilleur contrôle par la collectivité, et une compensation pour les mutations de résidences secondaires. L'objectif est de trouver un équilibre entre offre touristique et logement pour les habitants.
La loi Le Meur comme outil
Depuis novembre 2024, la loi Le Meur permet aux copropriétés d'interdire la location meublée de tourisme par un vote à la majorité des deux tiers. La municipalité peut également refuser les demandes de changement d'usage. L'Umih 30 cite l'exemple de Saint-Malo où l'explosion d'Airbnb a entraîné une baisse des commerces de proximité.
Les premiers contacts avec la mairie sont positifs, et des évolutions concrètes sont espérées d'ici 2027.



