Narcotrafic à Nice : prévention et police unies rue Trachel
Narcotrafic à Nice : prévention et police unies rue Trachel

Depuis mars, la rue Trachel à Nice est le théâtre d'une expérience inédite de lutte contre le narcotrafic, alliant présence policière et action sociale. Les riverains, qui subissaient depuis des mois l'envahissement des halls d'immeuble par les dealeurs, ont vu arriver des patrouilles quotidiennes de policiers municipaux et nationaux. Stéphane Montagnon, président de l'association du quartier Saint-Étienne (AQSE), se réjouit de cette initiative : « Cela fait des années que nous le demandions. » Une réunion le 18 avril a confirmé la satisfaction des habitants.

Une présence policière contrastée

Pourtant, tous ne partagent pas cet enthousiasme. Certains riverains constatent que les patrouilles n'ont duré que trois semaines et que les dealers reviennent déjà au numéro 14 de la rue. Ils s'interrogent sur l'absence d'une police de proximité dans le poste de police municipale, aux missions jugées trop administratives. La préfecture des Alpes-Maritimes, elle, se veut rassurante : depuis fin 2025, une dizaine d'interpellations par mois sont enregistrées dans le secteur, et neuf interdictions de paraître ont été prononcées fin mars. « Elles ont visiblement été respectées puisqu'il n'y a pas eu de gardes à vue », note Aurélie Lebourgeois, directrice de cabinet du préfet, qui assure que le secteur reste sous surveillance.

Le trafic s'adapte

Christophe Tassano, directeur général de l'association La Semeuse, observe que la pression policière refoule le trafic vers des zones reculées comme des caves ou des points difficiles d'accès. Pour Aurélie Lebourgeois, les dealers s'adaptent en passant à la narco-livraison, ce qui nécessite un travail d'investigation complémentaire. Mais pour Tassano, la solution ne peut être uniquement répressive.

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La Semeuse : prévention et accompagnement

Depuis 22 ans, La Semeuse gère le centre social La Ruche, d'abord dans le quartier Notre-Dame, puis rue Trachel. Ce centre, unique dans les Alpes-Maritimes et rare en France par sa situation en centre-ville, accueille tous les publics. Des éducateurs spécialisés interviennent dans les écoles et arpentent le quartier pour créer du lien avec les jeunes. « Nous sommes très présents sur le plateau sportif Thérèse-Roméo, où des enfants de 8-9 ans côtoient des adolescents et des adultes qui consomment drogue et alcool », explique Christophe Tassano.

Des actions concrètes pour briser le cercle vicieux

Les éducateurs repèrent les jeunes en décrochage scolaire et tentent de les réinsérer. Une dizaine d'entre eux a récemment participé à un chantier d'insertion qui a financé la moitié de leur permis de conduire. « C'est triplement gagnant : cela leur donne une bonne image d'eux-mêmes, ils embellissent le quartier et, avec le permis, ils peuvent se rendre à des rendez-vous professionnels », détaille Tassano. L'association propose aussi des médiateurs sociaux pour l'aide administrative. « Certains jeunes sont à la rue et dealent pour payer une nuit d'hôtel. En rétablissant leur situation administrative, en les aidant à trouver des aides ou un emploi, nous essayons de briser ce cercle vicieux », poursuit-il.

Un quartier vivant malgré tout

Depuis la crise sanitaire, Christophe Tassano constate une augmentation des fragilités, aggravée par le durcissement des règles de naturalisation. « Il y a 36 nationalités dans ce quartier », note-t-il. Pacifier la situation est un travail de longue haleine, mais n'empêche pas la vie locale de s'épanouir. Samedi dernier, la troisième Trachel Party, portée par plusieurs associations, a rassemblé les habitants, prouvant que la rue reste vivante et solidaire.

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