Meta condamné à 375 millions de dollars pour mise en danger des mineurs
Mardi, le jury d'un tribunal civil de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, a rendu un verdict historique en déclarant le géant des réseaux sociaux Meta responsable d'avoir mis en danger des utilisateurs mineurs sur ses plateformes. Le groupe californien a été condamné à verser 375 millions de dollars de dommages et intérêts, une somme importante mais inférieure aux deux milliards initialement réclamés par le procureur.
Un message fort aux dirigeants de la tech
Le procureur du Nouveau-Mexique, Raul Torrez, a salué cette décision comme un tournant majeur. « Le Nouveau-Mexique est fier d'être le premier État à demander des comptes aux opérateurs de réseaux sociaux pour avoir trompé des parents, permis l'exploitation de mineurs et mis en danger des enfants », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il avait assigné Meta en justice fin 2023, l'accusant d'exposer les enfants à des contenus inappropriés et à des prédateurs sexuels.
Bien que le montant soit inférieur aux attentes, Torrez estime que cette condamnation « devrait envoyer un message clair aux dirigeants de la tech », rappelant qu'« aucune entreprise n'est au-dessus des lois ». Il a ajouté que cette victoire appartient aux parents inquiets pour la sécurité de leurs enfants en ligne.
Des accusations ciblant la conception des plateformes
Lors du procès, la représentante du ministère public, Linda Singer, a accusé Meta de communication trompeuse sur ses mesures de protection des mineurs et d'avoir encouragé la surconsommation de ses plateformes par les jeunes, en connaissance des risques. Cette argumentation rejoint celle d'un procès simultané à Los Angeles visant Meta et Google, où une jeune femme accuse les géants d'avoir conçu leurs applications pour maximiser le temps d'écran des jeunes, contribuant à sa dépression et à des troubles de l'image de soi.
Le jury de Santa Fe a pris moins d'une journée pour statuer après six semaines de débats, soulignant la gravité des faits. Cette approche, qui cible la conception des plateformes plutôt que leur contenu, s'inspire des tactiques utilisées contre l'industrie du tabac et pourrait servir de modèle pour des milliers d'autres plaintes aux États-Unis.
Meta prévoit de faire appel
Peu après l'annonce du verdict, un porte-parole de Meta a indiqué que le groupe ferait appel, affirmant que le procureur « n'a pas réussi sa démonstration ». « Nous travaillons dur pour protéger les utilisateurs de nos plateformes et sommes transparents quant aux défis que représentent l'identification et la suspension des utilisateurs malveillants et des contenus nocifs », a-t-il déclaré. Meta reste confiant dans ses mesures de protection des adolescents en ligne.
En attendant un éventuel appel, le dossier entrera dans une seconde phase pour examiner si Meta a commis un trouble à l'ordre public. Ces procès sont considérés comme des tests cruciaux pour l'avenir de la régulation des réseaux sociaux et la protection des mineurs dans l'ère numérique.



