Livreurs à vélo : les plateformes de livraison défendent leur modèle face aux critiques
La publication d'une étude alarmante par Médecins du Monde sur les conditions de travail des livreurs à vélo en France a provoqué des réactions contrastées. Les deux principales plateformes de livraison présentes sur le territoire national, Uber Eats et Deliveroo, ont exprimé leur étonnement et contestent fermement les conclusions de ce rapport.
Une étude qui suscite la controverse
L'ONG Médecins du Monde a rendu public mardi 31 mars une enquête menée auprès de 1 000 livreurs à Bordeaux et Paris, mettant en lumière des conditions de travail préoccupantes. Cependant, les plateformes concernées remettent en cause la méthodologie utilisée et les échantillons retenus pour cette étude.
Un porte-parole de Deliveroo a déclaré : "Nous nous étonnons des conclusions de cette étude qui diffèrent de celles que nous avons pu nous-mêmes mener où, en large majorité, les livreurs interrogés plébiscitent ce modèle d'indépendance et les avantages inhérents." Il a également souligné que plus de 15 000 livreurs utilisent leur plateforme dans près de 8 000 communes françaises.
Les arguments des plateformes en matière de sécurité et de protection
Concernant la sécurité des travailleurs, Deliveroo met en avant plusieurs mesures : "une assurance couvrant les accidents survenus dans le cadre de l'activité de livraison, ainsi qu'une assurance maladie et une couverture en responsabilité civile." La plateforme propose également gratuitement des équipements de sécurité aux livreurs qui le souhaitent.
Deliveroo affirme avoir tenté d'engager des discussions spécifiques sur les enjeux de santé et de sécurité avec les organisations syndicales, mais cette démarche n'a pas été acceptée par ces dernières.
Uber Eats adopte une position similaire, contestant "les conclusions de ce rapport dont la méthodologie repose sur un nombre limité de témoignages." Le porte-parole ajoute : "Il méconnaît la base même de l'activité de livraison de repas, une activité complémentaire qui ne s'exerce que lorsque les clients passent à table."
Les garanties de rémunération mises en avant
Sur le plan financier, les deux entreprises défendent leurs pratiques. Uber Eats cite "la mise en place d'un revenu minimum par commande" qui aurait permis "de générer 21,50 euros par heure d'activité."
Deliveroo se réfère quant à elle au dernier rapport de l'Autorité des relations sociales des plateformes d'emploi (ARPE) qui placerait l'entreprise "parmi les plateformes les mieux disantes du secteur en matière de rémunération ces dernières années." La plateforme est signataire d'un accord inédit datant d'avril 2023 garantissant aux livreurs un revenu minimum horaire de 11,75 euros.
Les deux entreprises insistent sur le fait qu'elles prennent en compte les protections sociales obligatoires et les garanties de revenus issus d'accords collectifs sectoriels, éléments qu'elles estiment négligés dans l'étude de Médecins du Monde.



