Qui sont les riches ? Pour certains, ce sont les milliardaires, pour d’autres, tous ceux qui gagnent plus qu’eux. L’Observatoire des inégalités tente de répondre dans son dernier rapport, basé sur les chiffres de l’Insee, paru ce mardi 2 juin, en dressant un portrait-robot de ceux qu’on peut qualifier de riches. Une catégorie dans laquelle certains pourraient se retrouver sans le savoir.
Emploi, patrimoine, épargne : les critères de la richesse
Le rapport de l’Observatoire des inégalités estime à 4,8 millions de personnes le nombre de riches en France. Il analyse l’emploi, le patrimoine, l’épargne et les catégories socioprofessionnelles pour définir ce groupe.
7,5 % de la population gagne plus de deux fois le revenu médian
« Se focaliser sur l’extrémité supérieure permet de fondre dans la masse des classes moyennes les populations riches situées juste en dessous », regrette le directeur Louis Maurin. Le rapport fixe un premier seuil : vivre avec plus du double du niveau de vie médian, soit au moins 4 292 euros par mois pour une personne seule, 6 438 euros pour un couple sans enfant ou 10 730 euros pour un couple avec deux adolescents, après impôt sur le revenu. Ces seuils concernaient 7,5 % de la population en 2023. Le rapport souligne de très forts écarts : le revenu moyen du 0,1 % les plus aisés (40 000 ménages) a augmenté de 56 % entre 2003 et 2022.
Les cadres supérieurs surreprésentés
Les cadres supérieurs (privé ou public) représentent 74 % des actifs riches. 13 % sont chefs d’entreprise, artisans ou commerçants. Ces riches sont souvent âgés de plus de 45 ans (73 %) et plus d’un tiers (35 %) vivent dans l’agglomération parisienne. Sans surprise, ils sont majoritairement des hommes (69 % des salariés parmi les 10 % les mieux payés).
Un patrimoine élevé
Les ménages aisés mettent en moyenne 33 % de leurs revenus de côté, constituant un patrimoine. L’Observatoire fixe le seuil de richesse patrimoniale à quatre fois le patrimoine médian, soit 820 400 euros pour un ménage (hors endettement). 3,4 millions de ménages (11 %) sont concernés. Si 6,5 % des ménages sont millionnaires en patrimoine, seulement 0,6 % paient l’IFI.
Les patrimoines élevés rapportent gros
La France compte 145 milliardaires. « Les grandes fortunes atteignent des sommes colossales », explique le rapport. Avec 163 milliards d’euros, la famille Hermès pourrait s’offrir tous les logements de Marseille et Strasbourg réunis ; Bernard Arnault, ceux de Lyon et Grenoble. « Aucun principe de “mérite” ne peut les justifier », commente le rapport. Le total des 500 plus grandes fortunes françaises a été multiplié par 6 en vingt ans.
Revenus du capital
Un ménage situé au seuil des 10 % les plus riches perçoit en moyenne 4 000 euros par an de revenus du capital (loyers, intérêts), soit près de trois mois de smic. Le 1 % le plus riche perçoit 85 000 euros de revenus du patrimoine.
Les riches français, plus riches que les riches européens
Parmi les 10 % les plus riches, 88 % sont propriétaires de leur résidence principale (contre 59 % pour le reste de la population). Leurs logements sont 30 % plus grands dans l’agglomération parisienne et 45 % dans les autres grandes villes. 40 % font appel à des services domestiques et partent plus en vacances. Avant redistribution, la France est parmi les pays les plus inégalitaires d’Europe ; après, elle se situe dans la moyenne. « En France, les riches gagnent plus que dans de très nombreux pays. Seuls les riches allemands sont plus riches que les Français », indique le rapport, précisant qu’il ne s’agit pas seulement d’une poignée de rentiers, mais aussi de cadres dirigeants et hauts fonctionnaires.



