Le fondateur de ManoMano trouve à Bordeaux un terreau fertile pour ses ambitions entrepreneuriales et sportives
Christian Raisson, cofondateur de ManoMano, la marketplace française du bricolage qui affiche un volume d'affaires d'un milliard d'euros en 2024, ne semblait au départ avoir aucun lien particulier avec Bordeaux ou la Gironde. Pourtant, c'est dans cette ville qu'il a choisi d'implanter une première agence régionale en 2018, aux côtés de son associé Philippe de Chanville, tandis que le siège social reste à Paris.
Un choix stratégique guidé par l'écosystème tech et l'engagement social
« Nous hésitions avec Lyon, mais Bordeaux a rapidement remporté notre choix car il y a ici un écosystème de la tech important, donc un vivier de profils et de compétences qui nous intéressent », explique Christian Raisson. Cette décision s'est avérée être le point de départ d'un attachement croissant à la région, renforcé par des rencontres et des valeurs partagées.
Rapidement après l'implantation, l'Union Bordeaux-Bègles (UBB) a contacté l'entrepreneur pour lui proposer de devenir sponsor du club de rugby. « Nous recevons beaucoup de demandes, mais nous avons été séduits par l'UBB car le club développe, outre un groupe masculin, une équipe féminine, les Lionnes, que nous voulons encourager car l'empowerment féminin est dans l'ADN de ManoMano », affirme ce père de trois filles et un garçon.
Une philosophie entrepreneuriale axée sur la résilience et l'apprentissage
La rencontre avec Laurent Marti, président de l'UBB, a scellé cette collaboration. « J'ai su que j'avais fait le bon choix. Il est l'exemple de la résilience, il a monté un lieu incroyable et nous voulions apporter bien plus qu'un chèque », souligne Christian Raisson. Les deux hommes partagent une vision commune de l'entrepreneuriat, marquée par le goût des autres, l'audace et le besoin de créer.
Pour le fondateur de ManoMano, l'échec n'est pas une fin, mais une étape d'apprentissage. « J'emploie le mot échec, mais ce n'est pas le bon mot. C'est dans les échecs que l'on grandit. En vrai, on n'apprend pas grand-chose de nos réussites », déclare-t-il. Il ajoute : « Si tu rates, ce n'est pas que tu es nul, c'est que les circonstances du marché n'étaient pas concordantes. Et ce n'est pas grave. » Cette philosophie lui a permis de surmonter des moments difficiles, comme la liquidation de sa première entreprise, où il a ressenti des émotions intenses en raison de son investissement personnel.
Aujourd'hui, Christian Raisson se sent chez lui dans les salons de l'UBB, où il incarne un modèle d'engagement qui dépasse le simple sponsoring. Son parcours illustre comment des valeurs fortes, comme le soutien à l'entrepreneuriat féminin et la résilience, peuvent créer des liens durables entre une ville et un entrepreneur, transformant une décision stratégique en une véritable histoire d'attachement.



