L'armée de l'air adopte l'IA de Gojob pour recruter 4 000 personnes par an
L'armée de l'air recrute avec l'IA de Gojob

L'armée de l'air et de l'espace confie son recrutement à l'intelligence artificielle de Gojob

La start-up française Gojob, spécialisée dans le recrutement temporaire grâce à des solutions d'intelligence artificielle, a été officiellement sélectionnée par l'armée de l'air et de l'espace pour gérer l'ensemble de ses besoins en personnel. Après une phase de test concluante, le déploiement de cette technologie innovante a débuté le 1er avril dernier.

Une gestion optimisée de 70 000 dossiers annuels

La solution d'IA de Gojob va désormais gérer et pré-qualifier l'ensemble des candidatures et des recrutements de l'armée de l'air et de l'espace, ce qui représente environ 70 000 dossiers chaque année. « Il y a 4 000 personnes à recruter tous les ans de façon permanente. Ça reste un enjeu extrêmement important », a déclaré le général Philippe Hirtzig, directeur des ressources humaines de l'armée de l'air et de l'espace, dans un entretien avec l'AFP.

L'institution militaire recrute sur pas moins de 50 métiers différents, allant du cuisinier sur une base aérienne au pilote d'hélicoptère. La première sélection effectuée par l'intelligence artificielle repose sur des critères spécifiques comme l'âge (il faut être majeur pour rejoindre l'armée) et la nationalité (il faut être citoyen français, sauf pour la Légion étrangère).

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Une présélection rapide et efficace

Ce processus de présélection automatisé permet de prioriser rapidement les candidatures les plus pertinentes avant que les recruteurs humains de l'armée ne prennent le relais pour contacter directement les candidats. L'objectif est clair : optimiser le temps des équipes de recrutement tout en identifiant les profils les plus adaptés aux besoins spécifiques de l'armée de l'air et de l'espace.

La question cruciale des biais algorithmiques

Si le recrutement assisté par intelligence artificielle se généralise progressivement, il continue de susciter des débats en raison des biais potentiels des algorithmes qui pourraient reproduire ou amplifier des discriminations existantes. Face à ces préoccupations légitimes, le général Philippe Hirtzig s'est voulu rassurant : « On a l'assurance que les biais de l'intelligence artificielle ne sont pas discriminants ».

L'armée a mis en place des mesures de contrôle rigoureuses, notamment des vérifications par échantillonnage régulier pour s'assurer du bon fonctionnement du système. Benjamin Vallat, directeur général adjoint de Gojob, a confirmé cette approche transparente : « Tous nos modèles peuvent être audités », expliquant que sa société a mis en place des garde-fous spécifiques pour structurer les données tout en évitant les biais discriminatoires.

Une solution souveraine et certifiée

Ce partenariat stratégique, dont le montant financier n'a pas été dévoilé, permet selon le général Hirtzig de mettre en avant une solution « souveraine » répondant pleinement « au canon des certifications et des garanties de sécurité » françaises et européennes. Cette dimension de souveraineté technologique revêt une importance particulière dans le contexte militaire.

Fondée en 2015, Gojob collabore également avec France Travail et revendiquait en 2025 un chiffre d'affaires impressionnant de près de 200 millions d'euros. La start-up emploie environ 250 salariés répartis entre la France et les États-Unis, confirmant ainsi son statut d'acteur majeur dans le domaine du recrutement assisté par intelligence artificielle.

Ce déploiement à grande échelle au sein de l'armée de l'air et de l'espace représente une étape significative dans l'adoption des technologies d'IA dans le secteur public français, tout en posant des questions essentielles sur l'éthique et la transparence des algorithmes de recrutement.

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