Kronenbourg mise sur le rail pour contrer la flambée des prix du carburant
Face à l'augmentation spectaculaire des prix du carburant, le brasseur Kronenbourg a choisi d'intensifier l'utilisation du transport ferroviaire pour acheminer ses produits. Cette décision stratégique permet à l'entreprise de réduire considérablement ses coûts logistiques tout en diminuant son empreinte carbone.
Un virage ferroviaire pour amortir le choc pétrolier
Depuis plusieurs mois, le géant brassicole a considérablement augmenté sa part de transport par train. Selon les dirigeants, cette solution permet d'économiser jusqu'à 30 % sur les frais de transport par rapport au camion, dans un contexte où le prix du gazole a bondi de plus de 40 % en un an. Le groupe a investi dans de nouvelles infrastructures ferroviaires et modernisé ses centres de distribution pour faciliter ce transfert modal.
Une décision gagnante sur tous les plans : outre l'aspect financier, le passage au rail s'inscrit dans une démarche de développement durable. Chaque train de marchandises remplace en moyenne 40 camions, réduisant ainsi les émissions de CO2 de 75 % par tonne transportée. Kronenbourg espère ainsi atteindre une réduction de 50 % de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.
Une logistique repensée
Le brasseur a dû adapter ses chaînes d'approvisionnement et ses horaires de production pour synchroniser les expéditions avec les départs de trains. Des entrepôts ont été réaménagés près des gares de fret, et des partenariats ont été conclus avec des opérateurs ferroviaires pour garantir des créneaux de transport réguliers. Nous avons dû revoir notre organisation, mais les bénéfices sont immédiats, explique le directeur logistique.
Cette stratégie n'est pas sans défis. Le réseau ferroviaire français, bien que performant, souffre de certaines limitations en termes de capacité et de maillage territorial. Kronenbourg a donc dû prioriser les liaisons principales, comme celle entre son usine d'Obernai et les centres de distribution de la région parisienne. Pour les dessertes plus locales, le camion reste indispensable, mais l'objectif est de réduire sa part à 30 % du total d'ici 2025.
Un exemple pour l'industrie agroalimentaire
Ce choix de Kronenbourg pourrait inspirer d'autres acteurs du secteur. Alors que les prix de l'énergie restent volatils, le transport ferroviaire apparaît comme une solution d'avenir pour allier compétitivité et responsabilité environnementale. Le gouvernement, de son côté, encourage ce type d'initiatives via des aides à l'investissement dans le fret ferroviaire.
En conclusion, Kronenbourg démontre qu'il est possible de s'adapter à un contexte économique difficile en innovant dans sa logistique. Le pari du rail semble payant, tant sur le plan financier qu'écologique, et pourrait bien devenir un modèle pour l'ensemble de l'industrie agroalimentaire française.



