Un jeune prodige des échecs aux revenus impressionnants
Près de 10 000 euros nets d’impôts par mois. C’est la somme que perçoit Vincent, joueur d’échecs de haut niveau âgé d’une vingtaine d’années. Sacré « grand maître international » il y a quelques années, il figure parmi le top 50 des meilleurs joueurs français encore actifs. Europe, Mexique, États-Unis, Turquie… Ce Parisien a déjà parcouru le monde, battu des adversaires de toutes nationalités et s’est forgé une réputation redoutable.
De joueur à secondant : une évolution lucrative
À son jeune âge, Vincent consacre l’essentiel de son temps non pas à jouer, mais à être « secondant », c’est-à-dire préparateur de joueurs bien plus expérimentés, évoluant à des niveaux mondiaux proches de Magnus Carlsen. Ce poste à forte responsabilité offre d’importantes retombées économiques. Les mois où ses joueurs enchaînent les tournois et les victoires, il peut gagner jusqu’à 15 000 euros, entre honoraires et primes de résultats.
Des débuts prometteurs
Vincent a découvert les échecs à 9 ans. Rejoignant un club dans sa ville d’origine, il enchaîne les victoires et dépasse rapidement le niveau local. Adolescent, il participe aux championnats de France et grimpe dans les classements. Après le bac et le titre de Maître International, il intègre une licence de droit pour sécuriser son avenir. Mais il prend une année de césure pour décrocher le titre de Grand Maître International, objectif qu’il atteint. C’est alors qu’il décide d’en faire son métier.
À l’époque, ses revenus proviennent des dotations de tournois, quelques milliers d’euros par an en France, vite engloutis par les frais de déplacement, logement et alimentation. Un sponsor lui verse 20 000 euros par saison pour financer ses tournois. « Ce soutien n’était pas suffisant pour vivre mais il m’a permis de financer ma carrière », confie-t-il.
Le métier de secondant : une source de revenus stable
Après son titre, Vincent choisit de devenir secondant. Il coache des grands maîtres, analyse leur jeu et celui de leurs adversaires, prépare des stratégies. « Accompagner des joueurs, les voir gagner depuis les coulisses est extrêmement stimulant », dit-il. Ce choix s’avère lucratif : en moyenne, il gagne 8 000 euros par mois de chiffre d’affaires comme secondant, avec des pics à 15 000 euros. Passé en microentreprise, il paie 25 % de cotisations sociales et un impôt libératoire, ramenant son salaire net à environ 6 000 euros.
Des activités complémentaires rentables
Vincent donne aussi des cours particuliers, facturés entre 75 et 100 euros de l’heure, pour une quinzaine d’heures par semaine. Cela lui rapporte 2 000 à 3 000 euros nets par mois. Il participe également à quelques matchs en équipe, gagnant environ 20 000 euros par an. Au total, ses revenus mensuels nets atteignent 10 000 euros.
Un train de vie modeste et une épargne conséquente
Vincent vit chez ses parents, sans contribuer au logement, car il est en déplacement sept à huit mois par an. Ses principaux frais sont l’alimentation (environ 1 000 euros par mois, principalement en livraison ou restaurant) et les transports (500 à 600 euros). Il dépense aussi 250 euros en shopping, 40 euros pour la salle de sport et quelques abonnements. Au total, son train de vie s’élève à 2 000 euros par mois, lui permettant d’épargner 8 000 euros mensuellement. Avec cette épargne, il espère acheter un bien immobilier à Paris sans emprunt.
La popularité croissante des échecs
Vincent constate un engouement récent pour les échecs. « Avant, être joueur d’échecs, c’était la honte. Depuis le Covid, il y a eu un basculement. Maintenant, je vois des gens jouer sur leur téléphone partout », se réjouit-il. La Fédération Française des Échecs comptait plus de 81 000 licenciés en 2025, contre 56 000 en 2022. Le site Chess.com a vu son nombre de joueurs augmenter de 143 % en 2025, avec un triplement des francophones.
Vincent reste serein pour l’avenir, concentré sur le présent. « J’ai réfléchi à une chaîne YouTube, mais pour l’instant, je suis pleinement concentré sur ce que je fais. » Une sérénité que ses résultats justifient.



