La ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s'est exprimée sur RTL au sujet du cas Patrick Bruel, visé par plusieurs plaintes pour violences sexuelles. Elle a souligné l'importance de concilier deux principes fondamentaux : le respect de la parole des victimes et la présomption d'innocence. « La première des choses, c’est de respecter la parole des victimes. La deuxième des choses, c’est de respecter la présomption d’innocence », a-t-elle déclaré, reconnaissant la difficulté de « faire coïncider » ces deux exigences. « Mais en fait cela s’appelle l’État de droit et c’est l’exigence qui est la nôtre », a-t-elle ajouté.
Trois plaintes et une tournée controversée
Le chanteur et comédien Patrick Bruel est actuellement visé par trois plaintes l'accusant de violences sexuelles, dont deux en France et une en Belgique. Malgré ces enquêtes, il continue de se produire sur scène. Il joue actuellement une pièce de théâtre à Paris, intitulée « Deuxième partie », et doit entamer prochainement une tournée qui le conduira dans plusieurs villes françaises, ainsi qu'en Suisse, en Belgique et au Canada. Cette programmation a suscité une vive réaction : une pétition, soutenue par des associations féministes, demande l'annulation de cette tournée.
La position de la ministre
Interrogée sur la légitimité de ces représentations, Aurore Bergé a précisé que continuer à se produire relevait du libre choix de l'artiste, de ses producteurs et du public. « C’est son libre choix, celui de ses producteurs, celui des Français qui viendront ou qui ne viendront pas », a-t-elle indiqué. Elle a également rappelé que Patrick Bruel n'a pas été condamné, la procédure judiciaire ne faisant que débuter. « Il n’a pas été condamné puisque pour l’instant c’est une procédure judiciaire qui commence à peine », a-t-elle souligné.
Un « signal politique »
La ministre a été interrogée sur la possibilité qu'elle assiste elle-même à un concert de l'artiste. Elle a répondu ne pas savoir comment répondre à cette question, expliquant que sa fonction rendait la décision complexe. « En tant que ministre en charge de l’égalité, ça devient plus compliqué. Cela deviendrait un signal politique qui serait interprété par certains si je m’y rendais », a-t-elle confié.
La défense de Patrick Bruel
Le 18 mars, Patrick Bruel a réagi par l'intermédiaire de son avocat, Christophe Ingrain. Ce dernier a affirmé que son client n'a « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel ». Le chanteur « affirme n'avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel », selon les déclarations de son conseil. Ces affirmations interviennent alors que les enquêtes se poursuivent.



