Le secteur des jeux d'argent affiche une croissance soutenue en 2025
L'industrie des jeux d'argent en France a enregistré une progression notable de son activité au cours de l'année 2025. Selon les données publiées ce jeudi par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), le chiffre d'affaires global, mesuré par le produit brut des jeux (PBJ), a augmenté de 3 % par rapport à l'année précédente. Cette performance place désormais le marché français à un niveau comparable à celui de grands pays européens comme le Royaume-Uni et l'Italie.
Le numérique, moteur principal de la croissance
La dynamique positive est largement tirée par le segment des jeux en ligne, qui connaît une expansion remarquable. Le PBJ du marché numérique a atteint 2 617 millions d'euros, soit une hausse impressionnante de 8,5 %. Cette part représente désormais 18,5 % du total du secteur, contre seulement 12,8 % en 2019, illustrant une transformation profonde des habitudes de consommation.
Au sein de ce marché en ligne, les paris sportifs occupent une position dominante, avec un chiffre d'affaires de 1 770 millions d'euros, en progression de 10,4 %. Les mises engagées par les joueurs ont même augmenté de 12,0 %, pour atteindre 11 520 millions d'euros. Le football reste le sport le plus populaire, avec 6 320 millions d'euros de mises, suivi de près par le tennis à 2 650 millions d'euros.
Cette vitalité du numérique se traduit également par une augmentation du nombre de joueurs actifs. Le secteur compte désormais 4,2 millions de joueurs uniques en ligne, soit une croissance de 7,7 % sur un an.
La loterie traditionnelle résiste, les paris hippiques s'effritent
Malgré la montée en puissance du numérique, les activités traditionnelles de la Française des Jeux (FDJ) continuent de jouer un rôle majeur. La loterie et les paris sportifs en points de vente représentent encore près de la moitié du marché, avec un PBJ de 6 950 millions d'euros, en hausse de 2,8 %. La loterie elle-même affiche une croissance solide de 3,4 %.
En revanche, le segment des paris hippiques connaît des difficultés persistantes. Les activités du PMU enregistrent un recul marqué, avec une baisse des mises de 3,3 % à 6 400 millions d'euros. Le PBJ de ce secteur diminue également de 2,8 % pour s'établir à 1 650 millions d'euros. Le nombre de joueurs, qui avait brièvement retrouvé son niveau d'avant-crise en 2024, se contracte de 5,7 % pour atteindre 3,3 millions en 2025.
Les casinos renouent avec la croissance
Dans un contexte globalement positif, les casinos français retrouvent une dynamique favorable. Leur produit brut des jeux s'élève à 2 820 millions d'euros, en augmentation de 3,4 %. Cette reprise s'accompagne d'une hausse de 2 % du nombre d'entrées, qui atteint 31,6 millions sur l'année.
2026, une année charnière pour le secteur
La présidente de l'ANJ, Isabelle Falque-Pierrotin, alerte sur les défis à venir. « 2026 se présente comme une année décisive pour l'ensemble du marché des jeux d'argent », prévient-elle. Elle souligne la nécessité de consolider les acquisitions, d'enrayer les reculs structurels et de faire face à une concurrence accrue, notamment à l'approche de la Coupe du monde de football.
« Tous les indicateurs sont au rouge pour le régulateur », insiste-t-elle, appelant à « poursuivre le virage attendu vers un modèle de jeu moins intensif ». Selon elle, des adaptations du cadre réglementaire sont nécessaires pour « faire baisser la température du jeu d'argent » et assurer un développement plus responsable du secteur.



