Les promesses de gains de productivité massifs associés à l'intelligence artificielle (IA) exposent le cynisme des patrons, selon une étude publiée récemment. Alors que les entreprises vantent les capacités de l'IA à révolutionner le travail, les chercheurs mettent en garde contre un discours qui servirait surtout à justifier des restructurations et une pression accrue sur les salariés.
Un discours aux accents cyniques
L'étude, menée par des économistes et sociologues du travail, analyse les communications des grandes entreprises françaises et internationales. Elle révèle que les annonces de gains de productivité liés à l'IA sont souvent exagérées et instrumentalisées. « Les dirigeants utilisent l'IA comme un alibi pour imposer des changements organisationnels drastiques, sans réelle preuve d'efficacité », explique l'un des auteurs.
Des promesses non tenues
Les promesses de gains de productivité de 20 à 30 % sont fréquentes, mais les études de cas montrent des résultats bien plus modestes. « Dans la plupart des secteurs, les gains réels se situent entre 2 et 5 %, et ils sont souvent compensés par des coûts cachés : formation, maintenance, adaptation des process », précise le rapport. Ce décalage entre le discours et la réalité alimente un climat de méfiance parmi les salariés.
Conséquences sur le monde du travail
Le cynisme patronal se traduit par des annonces de plans sociaux déguisés en « modernisation » ou « optimisation » grâce à l'IA. Les syndicats dénoncent une instrumentalisation de la technologie pour justifier des suppressions de postes. « On nous dit que l'IA va nous libérer des tâches répétitives, mais en réalité, elle sert à intensifier le travail et à réduire les effectifs », témoigne un délégué syndical.
Une pression accrue sur les salariés
Les salariés sont soumis à une double pression : d'une part, l'obligation de se former à l'IA sous peine d'obsolescence ; d'autre part, la crainte de voir leur poste supprimé. « Les entreprises jouent sur la peur pour imposer des conditions de travail plus flexibles et moins protectrices », ajoute le rapport. Les chercheurs appellent à une régulation plus stricte des discours sur l'IA et à une évaluation indépendante de ses impacts réels.
Vers une prise de conscience
Face à ces dérives, des voix s'élèvent pour réclamer plus de transparence. Des associations de défense des droits des travailleurs proposent la création d'un observatoire des promesses technologiques. « Il faut sortir du storytelling et évaluer concrètement ce que l'IA apporte aux salariés et à la société », conclut l'étude. En attendant, le cynisme des patrons risque de saper la confiance nécessaire à une adoption sereine de l'IA.



