Une rupture fracassante avec l'empire Bolloré
Félicité Herzog, silhouette élancée et posture impeccable, reçoit dans son vaste appartement parisien du 7e arrondissement, qu'elle partage avec son mari, l'ancien patron de Sanofi Serge Weinberg. Ce mercredi matin du 25 février, l'ex-cadre dirigeante, âgée de 57 ans, est chez elle, loin désormais des bureaux du siège de Vivendi, le groupe piloté par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
Une carrière dans les hauts-fonds de la finance
Membre du comité exécutif et directrice de la stratégie et de l'innovation du groupe jusqu'en juin 2025, Félicité Herzog a passé sa carrière à naviguer dans les eaux complexes de la finance internationale. Femme d'affaires et de lettres – elle a publié trois romans et un essai –, elle occupait également la présidence de la librairie L'Ecume des pages, institution du boulevard Saint-Germain dont elle avait impulsé le rachat par Vivendi en mai 2023. Une fonction qu'elle a quittée le 13 février, préfigurant sa rupture définitive avec le groupe.
La dénonciation d'un climat toxique
Voix grave et autorité naturelle, Félicité Herzog ne mâche pas ses mots lorsqu'elle évoque les raisons de son départ. "Il y a aujourd'hui un vrai problème avec ce groupe. Sur le plan politique. Et je pense qu'il faut tirer la sonnette d'alarme", affirme-t-elle sans détour. Selon l'ancienne dirigeante, Vivendi serait gangrené par la "terreur" et l'"autocensure", décrivant un environnement de travail où la peur et la restriction des libertés d'expression seraient devenues la norme.
Les conséquences d'une rupture publique
Cette dénonciation publique marque un tournant dans les relations entre l'ancienne cadre et l'empire médiatique de Vincent Bolloré. Le départ de Félicité Herzog, intervenu quelques jours avant cet entretien, résonne comme un véritable claquement de porte dans le milieu des affaires parisien. Son témoignage rare et direct met en lumière les tensions internes au sein d'un des groupes les plus puissants du paysage médiatique français, soulevant des questions sur sa gouvernance et sa culture d'entreprise.
L'absence de bureau au siège de Vivendi symbolise cette rupture définitive, tandis que son appartement parisien devient le théâtre de cette prise de parole courageuse. Le parcours de Félicité Herzog, qui a su concilier haute finance et littérature, donne un poids particulier à ses accusations, faisant de sa démission bien plus qu'un simple changement professionnel, mais un acte de conscience dans un environnement qu'elle juge désormais incompatible avec ses valeurs.



