Grève chez Chanel à Aulnay : les salariées dénoncent des salaires trop bas
Grève chez Chanel à Aulnay pour des salaires décents

Mouvement social aux Ateliers de May, sous la bannière Chanel

Depuis le lundi 30 mars, les Ateliers de May, établis à Aulnay depuis 1997, sont le théâtre d'une agitation sociale intense. Environ 70 salariés sur 160, principalement des femmes, ont engagé des débrayages répétés, culminant par une manifestation ce mardi devant le site. Rachetés en 2021 par le géant du luxe Chanel, ces ateliers spécialisés dans la production de sacs pour la marque font face à un mécontentement croissant parmi leur personnel.

Des revendications salariales au cœur du conflit

Les salariées, dans un texte remis à la presse, expriment clairement leurs demandes : « Nous revendiquons des augmentations de salaires, trop faibles pour vivre de notre travail. » Mardi matin, une cinquantaine d'entre elles ont manifesté à l'entrée du site, brandissant des banderoles aux messages percutants comme « Travailler dans le luxe, pour manger de l'éco + » ou « métier formidable, salaire fort minable ». L'ambiance était électrique, avec la diffusion de la chanson « Antisocial » de Trust et le soutien sonore des automobilistes via leurs klaxons.

Un climat social qualifié de « dégradé »

La grève, orchestrée par la section syndicale CGT de l'entreprise, pourrait se prolonger jusqu'à la fin de la semaine. Elle s'inscrit dans ce que les syndicats décrivent comme « un climat social profondément dégradé », exacerbé par le refus de la direction d'engager des négociations. Les grévistes, essentiellement issus de la production, exigent :

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  • L'ouverture de négociations annuelles obligatoires (NAO) pour obtenir une augmentation générale.
  • Une négociation collective respectueuse des salariés et de leurs représentants.

Dans leur communiqué, elles soulignent : « Notre entreprise et le groupe Chanel font des profits, il faut apaiser la situation et répondre aux revendications. »

La réponse de Chanel et les accusations de management brutal

À l'origine du mécontentement, les salariées pointent du doigt un management qualifié de « brutal » et à la « tête du client », selon des témoignages recueillis. En réponse, le service communication de Chanel a transmis une déclaration : « Les Ateliers de May ont pris connaissance des revendications exprimées par les organisations syndicales. Attachés à la qualité du dialogue social, nous restons pleinement engagés dans une démarche d'échange avec les représentants des salariés afin de rechercher des solutions constructives, dans l'intérêt de tous. »

Ce conflit survient alors que le site d'Aulnay vient de bénéficier de travaux d'agrandissement, contrastant avec les conditions de travail dénoncées par les employées. La situation met en lumière les tensions persistantes dans l'industrie du luxe, où les profits colossaux peuvent coexister avec des revendications sociales non satisfaites.

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