Les mauvais comptes de François Durvye, le monsieur business du Rassemblement national
François Durvye, l'homme d'affaires qui gérait les finances du Rassemblement national (RN), est au cœur d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris. Soupçonné de malversations, il est accusé d'avoir utilisé des fonds du parti à des fins personnelles. L'affaire, révélée par Mediapart, met en lumière des pratiques opaques au sein du parti d'extrême droite.
Des soupçons de détournement de fonds
Selon les informations recueillies, François Durvye aurait détourné plusieurs centaines de milliers d'euros via des sociétés écrans et des factures frauduleuses. Il aurait notamment surfacturé des prestations de conseil et de communication, puis reversé une partie des sommes sur des comptes personnels ou à des proches. Les enquêteurs cherchent à déterminer si ces agissements étaient connus de la direction du RN, et notamment de Marine Le Pen.
Un système bien rodé
Le système mis en place par Durvye aurait fonctionné pendant plusieurs années, à l'insu des instances dirigeantes. Il aurait utilisé des sociétés basées à l'étranger pour masquer les flux financiers. Les perquisitions menées au siège du parti et au domicile de Durvye ont permis de saisir des documents comptables et des supports informatiques. L'enquête porte également sur d'éventuelles infractions au financement des campagnes électorales.
Les réactions du RN
Le Rassemblement national a réagi en affirmant être partie civile dans cette affaire et avoir déposé une plainte pour abus de confiance. Le parti se dit victime d'un individu isolé et assure avoir renforcé ses procédures de contrôle interne. Cependant, des voix internes s'élèvent pour dénoncer un manque de vigilance et une culture de l'opacité financière.
Un précédent inquiétant
Cette affaire n'est pas la première à entacher la réputation du RN en matière de gestion financière. En 2017, le parti avait déjà été épinglé pour des pratiques douteuses dans le cadre de la campagne présidentielle. Les juges s'interrogent sur la réalité des contrôles internes et la responsabilité des dirigeants.
L'enquête est en cours et pourrait déboucher sur des mises en examen. François Durvye, de son côté, conteste les faits et se dit victime d'une cabale politico-judiciaire. Il reste présumé innocent jusqu'à preuve du contraire.



