Une flambée qui frappe les automobilistes
Que l'on parle de pic, de choc ou de bascule, une chose est certaine : les automobilistes subissent de plein fouet la flambée des prix du pétrole. Les causes sont multiples : tensions dans le détroit d'Ormuz, production de brut réduite, négociations de paix qui s'enlisent… Pendant ce temps, un même refrain revient dans la bouche de nos politiques : il faut taxer TotalEnergies ! L'entreprise est devenue le bouc émissaire idéal, avec ses profits insolents (5,8 milliards d'euros, en hausse de 51 % au premier trimestre) et l'envolée de son cours de Bourse (+20 % depuis le 27 février).
Pourtant, on oublie souvent de souligner la gestion particulièrement maîtrisée des stocks et des achats menée par la firme dirigée par Patrick Pouyanné, ainsi que sa politique de plafonnement des prix du carburant. À lire aussi : Prix de l'essence : de l'Allemagne à l'Italie, comment nos voisins tentent de limiter la hausse.
La tentation de la taxe exceptionnelle
Aveuglée par cette manne pétrolière, une partie de la classe politique réclame à cor et à cri une nouvelle taxe exceptionnelle. L'objectif affiché : remplir les caisses de l'État, redonner du pouvoir d'achat aux ménages ou encore donner un os à ronger aux rageux anticapitalistes. Cette vieille rengaine n'a pas épargné le Premier ministre, pourtant connu pour avoir dénoncé ce "Total bashing". Sébastien Lecornu, qui avait accompli jusque-là un sans-faute dans la gestion de la crise en privilégiant des petits chèques ciblés plutôt qu'un nouveau quoi qu'il en coûte, s'est dit favorable à une redistribution des éventuels profits exceptionnels de TotalEnergies.
Une telle mesure soulève pourtant de nombreuses questions. Taxer les superprofits d'une entreprise française pourrait dissuader les investissements futurs dans le pays, alors que la transition énergétique nécessite des capitaux importants. De plus, les mécanismes de redistribution sont complexes et risquent de ne pas profiter directement aux automobilistes les plus touchés. Enfin, cette taxe ne s'attaquerait pas aux causes profondes de la flambée des prix, qui sont avant tout géopolitiques et structurelles.
Alors que le débat fait rage, il est essentiel de peser le pour et le contre d'une telle mesure, sans céder à la facilité du bouc émissaire. La solution pour soulager le pouvoir d'achat des Français passe peut-être par d'autres voies, moins spectaculaires mais plus efficaces.



